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«Les perspectives d’avenir pour les producteurs laitiers sont plutôt sombres»


Les éleveurs tirent la langue. (Photo : archives editpress)

L’organisation qui représente les producteurs laitiers luxembourgeois s’inquiète de la situation économique des éleveurs.

Dans un communiqué publié lundi, le Luxembourg Dairy Board (LDB) affirme qu’au vu des coûts actuels, la production de lait ne permet pas de garantir un revenu suffisant aux exploitants.

Le LDB s’appuie sur une étude réalisée par le Büro für Landwirtschaft und Agrarsoziologie à partir des données comptables d’exploitations laitières spécialisées au Luxembourg. Sur la période 2021-2025, les coûts de production moyens, en incluant la rémunération de la main-d’œuvre familiale, se sont élevés à 52 centimes par kilo de lait produit. Dans le même temps, le prix versé aux producteurs n’a atteint que 46 centimes par kilo en moyenne. Cela représente un écart de 6 centimes par kilo, soit un déficit de couverture des coûts de 12 %.

Pour l’organisation, le constat est clair : la filière ne dégage pas un «revenu approprié». Et la situation pourrait encore se détériorer. Le communiqué souligne en effet que l’étude ne prend pas en compte la dégradation récente des marchés agricoles et des intrants. Depuis le début de 2026 et la guerre en Iran, les prix de produits laitiers transformés comme le beurre ou les poudres de lait ont nettement baissé sur les marchés mondiaux, alors que les coûts progressent dans les laiteries.

Trop de lait tue le lait

Selon le LDB, ces dernières subissent en plus une forte pression sur les prix de la part de la grande distribution, sans pouvoir répercuter leurs hausses de coûts. Cette évolution se transmet ensuite aux producteurs. En février 2026, le prix moyen du lait au Luxembourg est tombé à 41 centimes par kilo hors TVA, contre 53 centimes en moyenne sur l’ensemble de 2025. «Les perspectives d’avenir pour les producteurs laitiers sont donc plutôt sombres», écrit-il.

L’organisation explique aussi cette dégradation par une hausse de la production, encouragée ces dernières années par des prix jugés intéressants, la fin des quotas laitiers et de bonnes conditions météorologiques en 2024 et 2025. Résultat : une offre excédentaire est bel et bien présente sur le marché, selon elle.

Face à cette situation, le LDB réclame l’activation rapide, au niveau européen, d’un mécanisme de réduction volontaire temporaire des livraisons de lait, avec compensation publique. Il demande également la convocation d’un «Mëllechdesch» (une table du lait) par le gouvernement afin de réunir producteurs, transformateurs et autorités autour de mesures de soutien durables. «Le LDB ne demande pas des aumônes», insiste l’organisation, qui plaide pour des réponses structurelles plutôt que pour des aides ponctuelles.

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