En visite à Singapour, le Premier ministre, Luc Frieden appelle à une Europe capable de décider davantage par elle-même.
Face à un monde où «le fort fait ce qu’il veut faire et le faible subit ce qu’il doit subir», Luc Frieden appelle les Européens à prendre davantage leur destin en main. «Il est temps que nous, Européens, assumions pleinement notre souveraineté et devenions les seuls auteurs de notre avenir», a ainsi déclaré ce mardi le Premier ministre à Singapour.
Cette souveraineté doit toutefois être «porteuse de sens». «Nous devons viser une autonomie porteuse de sens : une Europe qui se libère de ses dépendances dans des domaines critiques, tout en restant fidèle à ses valeurs», affirme-t-il.
Luc Frieden cite trois priorités : la défense, l’énergie et l’intelligence artificielle. «Si l’Europe veut continuer à être un acteur de paix, nous devons renforcer notre capacité de dissuasion», plaide-t-il. Côté énergie, «elle fait la différence entre autonomie et dépendance». Il appelle notamment à un réseau européen «véritablement intégré».
Sur l’IA, le Premier ministre veut une technologie «de l’Europe, par l’Europe et pour l’Europe», «précisément pour éviter que d’autres décident à notre place».
Une ambition qui passe aussi par l’économie : «Nous devons redoubler d’efforts pour renforcer la compétitivité de l’Europe.» Car «souveraineté ne rime pas avec isolement», insiste Luc Frieden : il s’agit au contraire de pouvoir «décider de notre avenir et de choisir nos partenaires». L’objectif, selon lui, n’est «pas de devenir comme l’Amérique ou la Chine, mais d’affirmer pleinement ce que nous sommes : des Européens».