Le gouvernement arroserait les électeurs – et le patronat en particulier – pour s’acheter la sécurité des urnes, selon déi Lénk qui ont à son tour présenté son bilan parlementaire.
Ils ne sont que deux et ils ne sont pas peu fiers du travail parlementaire réalisé au cours de ces trois dernières années. David Wagner et Marc Baum se réjouissent d’avoir «fait bouger les lignes» à la Chambre des députés et d’avoir été suivis. À la rentrée, fidèles au système de rotation de déi Lénk, ils confieront leur sensibilité politique et leurs sièges de députés à Gary Diderich et Ana Correia. Le nouveau duo reprendra le travail de l’ancien qui continuera à œuvrer en coulisses.
Ce mercredi, c’était au tour de déi Lénk de rappeler ses succès passés. Leur plus important fait d’armes étant l’inscription dans la Constitution de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) suite à l’une de ses propositions. «Nous avons réussi à faire en sorte que les femmes soient libres de leur corps», a souligné David Wagner, pas peu fier. «Cela n’a pas été qu’un apport symbolique.»
Les deux députés sont également à l’origine de nombreux débats sociétaux comme celui sur la reconnaissance de la Palestine, ou des propositions à même de «freiner le gouvernement», selon Marc Baum. En accentuant la pression sur les questions sociales et en mobilisant des citoyens comme lors de la manifestation nationale de fin juin 2025.
«Nous avons réussi à placer le discours social au centre» des débats parlementaires, ajoute David Wagner qui compare son parti à «un aimant à idées de gauche». «Nous voulons faire de la politique sérieusement et pas de la politique politicienne ou démagogique à deux balles comme l’ADR.»
Une petite critique au passage au parti qui saura ou pas l’apprécier, accusé dans la foulée «ne pas avoir grand-chose à proposer» et «se moquer des citoyens». Les réactions de Fred Keup lors du débat sur le changement climatique et la nécessité d’un plan national en cas de grandes chaleurs, leur restent notamment en travers de la gorge. Le gouffre séparant les deux partis antagonistes ne se comblera jamais.
Au même moment, déi Lénk avait déposé une motion en faveur de l’intégration des pathologies liées au changement climatique dans la liste des maladies professionnelles. Le parti avait également exigé «l’arrêt obligatoire du travail dès l’atteinte de températures dangereuses pour la santé», pour les activités particulièrement exposées en plein air et dans des espaces non climatisés, comme sur les chantiers, dans l’agriculture, dans la livraison et le nettoyage. Le parti politique s’inquiétait également pour les personnes vulnérables qui n’ont pas ou peu de moyens pour se prémunir des effets des canicules.
«Socialisme pour les capitalistes»
Des critiques, les deux députés en avaient également à l’adresse du gouvernement Frieden. «Le gouvernement au programme le plus néolibéral jamais vu au Luxembourg», selon Marc Baum qui se réjouit que l’offensive néolibérale menée par la majorité n’ait pas fonctionné, même si cela représenterait trois années d’action perdues.
Réforme fiscale, retraites, tripartite, crise du logement… Le gouvernement mènerait une politique dispendieuse faute d’idées et de perspectives à long terme. La majorité essaierait, selon les deux députés, d’éviter de couler à grands coups de cadeaux fiscaux pour tous sans penser aux recettes fiscales. «Une tournée générale sur le compte des finances publiques» dans l’espoir de remporter les prochaines élections.
«C’est irresponsable!», fustige Marc Baum, inquiet pour les réserves de l’État. «Le gouvernement s’est engagé dans une voie sans issue. Le seul moyen d’en sortir est d’ouvrir le porte-monnaie.» David Wagner qualifie, lui, la politique fiscale menée par le CSV et le DP de «socialisme en faveur des capitalistes» et du patronat qui serait traité aux petits oignons. L’argent irait à l’argent et pas où le Grand-Duché en aurait le plus besoin.
Déi Lénk promet de continuer à aborder des thèmes chers aux citoyens et de batailler en faveur de la conservation de leurs droits et de leurs acquis. De sorte qu’ils ne soient pas révisés par des politiques de droite extrême ou trop libérales.