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Canicules : l’OGBL veut «des règles claires» pour les personnels des services publics


En juin dernier, les températures moyennes dans les salles de classe dépassaient les 32 degrés. (Photo : alain rischard)

Face aux canicules de ces derniers mois, l’OGBL rappelle à nouveau au gouvernement que les services publics doivent être mieux outillés pour s’adapter.

Alors que le ministre de l’Environnement et de la Fonction publique, Serge Wilmes, a récemment reconnu au micro de RTL que «les chaleurs record risquent de devenir la norme» et que le Luxembourg «doit s’y préparer», l’OGBL rétorque que cette adaptation doit aussi concerner ceux qui font fonctionner les services publics.

«Les fonctionnaires, salariés et employés continuent de travailler, de soigner, d’accueillir, de transporter et d’assurer les services essentiels à la population, même lorsque les températures deviennent difficiles à supporter. (…) Les fortes chaleurs ont déjà produit des conséquences très concrètes sur les conditions de travail, et celles-ci risquent encore de s’aggraver à l’avenir», fait valoir le département de la Fonction publique du syndicat.

«Les conseils, ça ne suffit plus»

Il cite notamment les personnels occupés en extérieur, aux espaces verts ou à la voirie, mais aussi ceux qui travaillent dans des bâtiments publics insuffisamment adaptés à la chaleur, comme les écoles.

En effet, une campagne de relevés incluant 1 200 mesures effectuées en juin dernier par des enseignants dans leurs salles de classe avait révélé que la température moyenne atteignait 32,2 degrés, tandis que 17 % des salles dépassaient les 35 degrés. Plusieurs villes avaient d’ailleurs décidé de suspendre les cours les après-midis.

Des aménagements improvisés qui avaient poussé le syndicat à réclamer, dès juillet, la mise en place d’un plan dédié. En cette rentrée, il insiste : «Les instances étatiques ne prévoient pas de mesures concrètes pour assurer la continuité du travail dans des conditions adaptées. Elles se limitent à des recommandations et des conseils, cela ne suffit plus.»

«Il faut un cadre contraignant»

La Chambre des salariés (CSL) a elle aussi déploré que, face aux fortes chaleurs, les règles actuelles restent trop générales et qu’il n’existe pas de température maximale clairement définie à partir de laquelle des mesures de protection s’imposent.

Dans la foulée, le LSAP avait demandé au gouvernement d’adapter le Code du travail pour que la chaleur soit reconnue comme une intempérie et que des plans sectoriels canicule élaborés avec les partenaires sociaux soient mis en place.

De leur côté, déi gréng regrettent que le gouvernement se perde «dans une politique gadget, au lieu d’en faire une priorité au quotidien, d’insuffler des directives claires et de préparer le pays à l’avenir».

L’OGBL ne lâche pas : «Il faut des règles claires, obligatoires et applicables à tous», réclame le syndicat, réitérant sa demande au ministre de mettre en place un cadre contraignant pour protéger les personnels du service public face aux fortes chaleurs.

«Ce cadre doit s’inscrire dans un plan national canicule, qui dépasse le plan national actuel limité à la protection des personnes les plus vulnérables et transpose des mesures adaptées aux différents secteurs et aux administrations publiques.»

Une série de revendications

Ce plan compléterait la stratégie et le plan d’action national pour l’adaptation aux effets du changement climatique 2025-2035, «pratiquement dépourvus de mesures d’adaptation des conditions de travail des fonctionnaires, employés et salariés».

Ses revendications sont claires :

  • adapter les horaires de travail,
  • prévoir des pauses supplémentaires rémunérées,
  • garantir l’accès à l’eau et à des espaces pour se rafraîchir,
  • installer la climatisation dans les locaux et véhicules de travail exposés,
  • adapter les tenues vestimentaires,
  • être attentif aux personnes faisant l’objet de restrictions médicales,
  • et interrompre temporairement l’activité sans perte de revenu lorsque les conditions de sécurité ne sont plus garanties.

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