Le ministère des Finances vient de publier la première évaluation verticale des risques portant sur les sanctions financières internationales en matière de financement du terrorisme et de financement de la prolifération.
Le Luxembourg a finalisé sa première évaluation verticale des risques (EVR) portant sur les sanctions financières internationales en matière de financement du terrorisme et de financement de la prolifération. Élaborée sous la direction du ministère des Finances, cette analyse collective implique le secteur public et le secteur privé réunis au sein du Comité de suivi des sanctions financières.
Cette évaluation couvre la période 2018-2023 et se concentre spécifiquement sur les risques liés à la violation, au contournement ou à la non-mise en œuvre des sanctions financières internationales.
L’objectif poursuivi par cette EVR est de fournir un panorama des vulnérabilités et des menaces secteur d’activité par secteur d’activité et de façon transsectorielle. Certains secteurs considérés internationalement comme à haut risque ont été identifiés dans l’évaluation nationale des risques de 2020 et font l’objet d’une analyse plus approfondie. Le Luxembourg entend ainsi répondre aux recommandations du Groupe d’action financière (GAFI) en matière de lutte contre le financement du terrorisme et de prolifération, au vu de sa situation en tant que centre financier international.
Selon l’EVR, le Luxembourg dispose d’un cadre juridique robuste permettant une mise en œuvre effective des sanctions financières internationales. Son exposition au risque tient principalement à l’importance des flux financiers transfrontaliers et des activités commerciales internationales. La nature de plus en plus détournée des moyens employés pour contourner les sanctions expose les entités luxembourgeoises au risque de se voir impliquées par inadvertance dans des circuits complexes de financement du terrorisme et de prolifération, malgré des liens directs très limités avec les pays concernés.
Parmi les entités plus exposées figurent les personnes morales et arrangements juridiques, ainsi que certaines entreprises et professions non financières désignées. En matière de financement de la prolifération, l’importance du secteur financier luxembourgeois et le rôle crucial de ses entités juridiques dans le commerce international peuvent l’exposer à des risques particuliers.
Cependant, les mesures mises en place par les différents acteurs contribuent à atténuer de façon significative ces risques. L’objectif est de permettre aux acteurs luxembourgeois d’adapter leurs pratiques à la réalité des menaces identifiées.