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Déi gréng : «Pendant des années, la politique climatique a été rabaissée»


François Benoy, Joëlle Welfring et Meris Sehovic exigent des plans concrets et une politique climatique transversale. (Photo : didier sylvestre)

N’en déplaise aux sceptiques, le changement climatique devient une réalité. Or, selon déi gréng, le gouvernement n’en aurait pas encore pris la mesure et tarderait à agir efficacement.

L’été a été chaud. Brûlant même. Les écologistes de la première heure l’avaient vu venir. Pourtant, ils ont toujours été relégués du côté des oiseaux de mauvais augure et des prophètes illuminés. Cet été, impossible de passer à côté des effets du changement climatique ou de les ignorer, selon déi gréng, vendredi matin. Il fallait être aveugle, sourd, anosmique et vivre dans une grotte pour passer à côté.

Ou être au gouvernement. «Pendant des années, la politique climatique et la protection de l’environnement ont été rabaissées et considérées comme les responsables des problèmes du Grand-Duché», a estimé François Benoy, vendredi matin lors d’une conférence de presse sur la lutte contre le changement climatique et les solutions pour en diminuer l’impact. «Au lieu d’en faire une priorité au quotidien, d’insuffler des directives claires et de préparer le pays à l’avenir, le gouvernement se perd dans une politique gadget. Une aide par-ci, une réforme de prime par-là, une exception, un projet pilote…»

Le chef de file de déi gréng regrette l’absence de fil rouge et de prise de responsabilité de la part d’un gouvernement qui ne protégerait pas ses citoyens et «ne reconnaît pas l’urgence de la situation». Il appelle donc à plus de cohérence en matière de politique énergétique, de mobilité, d’agriculture et de politique économique «pour mieux investir» afin de traverser la crise climatique sans en être les «victimes». 

Le gouvernement devrait «décarboniser» de toute urgence et faire en sorte que l’économie luxembourgeoise soit à l’avant-garde de la transition climatique et énergétique. Au lieu de cela, il ferait tout l’inverse, constate François Benoy, une liste d’exemples à l’appui. Joëlle Welfring, la porte-parole du parti pour la politique environnementale, climatique et énergétique, mise sur un mélange entre technologies et conservation des environnements naturels existants.

«Certains pays l’ont compris et se positionnent. Six voitures électriques sur dix sont produites en Chine, six foyers sur dix sont équipés de pompes à chaleur en Norvège, l’Espagne devient un des leaders du développement de moyens de production d’énergies renouvelables… La transition est en route!» Le Luxembourg, lui, n’aurait pas encore approché la ligne de départ au risque de perdre au passage des opportunités économiques. Serge Wilmes, l’actuel ministre de l’Environnement, ne serait pas l’homme de la situation.

«Politique gadget»

«Nous devons tirer un trait sur la politique gadget pratiquée par le gouvernement, sur les mesures qui se contredisent», critique Meris Sehovic, futur remplaçant de Joëlle Welfring. «Nous voulons que les décisions prises en faveur du climat soient des décisions simples, sûres et intéressantes sur le plan économique» pour l’ensemble de la société. Trois revendications élaborées par les verts ont été présentées en ce sens.

«Nous n’avons pas besoin de nouveau plan, nous avons besoin de passer les vitesses en matière de politique climatique», poursuit-il. Finies les rustines et les mesures distribuées à coups d’arrosoir, «un changement fondamental des règles du jeu s’impose : plus aucun euro d’argent public pour financer les énergies fossiles à partir du budget 2027». 

La transition énergétique ne devrait pas uniquement être un privilège pour les seuls propriétaires, les locataires devraient aussi avoir la possibilité d’en profiter. Enfin, les multinationales qui gagnent de l’argent avec les énergies fossiles devraient financer la transition énergétique, revendique le porte-parole des écologistes. «Il faut une imposition sur les bénéfices de ces multinationales au niveau européen.»

Les solutions existent, relève Joëlle Welfring. «Elles se sont améliorées et sont moins onéreuses. Il suffit juste de les mettre en place.» 

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