La campagne électorale vient tout juste de commencer pour la présidentielle. Déjà, le Rassemblement national doit gérer certains dérapages qui éclaboussent le parti. Pour l’instant, cela n’a pas d’impact sur les sondages. Le parti de Marine Le Pen caracole en tête des intentions de vote, que ce soit au premier ou au second tour. Mais gare à l’impatience des électeurs. La dernière affaire vient de Carcassonne. Des policiers municipaux ont été enregistrés à leur insu par une caméra-piéton (la fameuse bodycam) lors de patrouilles ou durant des pauses. Un long florilège de propos misogynes, racistes, homophobes et complotistes a été enregistré. On parle aussi de «coup d’État» et d’installer, pourquoi pas, «une petite dictature en France».
La personne qui déclame ces horreurs n’est autre qu’un brigadier-chef. Il est aussi un membre bénévole du service d’ordre du Rassemblement national et avait même encadré la visite de Jordan Bardella dans la ville. L’affaire a été dévoilée par le journal Midi libre et le scandale a évidemment éclaté. Christophe Barthès, le maire de Carcassonne, du Rassemblement national également, a pris la parole pour dénoncer des propos abjects tenus par les policiers municipaux. Il a souligné que les faits s’étaient déroulés sous la mandature de l’ancienne équipe municipale. Quelque peu gêné aux entournures, le premier magistrat n’avait pas souhaité répondre aux questions après sa prise de parole officielle. On l’avait pourtant connu plus démonstratif quand il arrosait des manifestants protestant contre ses décisions ou retirait, grandiloquent, le drapeau européen de la façade de sa mairie.
Aujourd’hui, les personnes impliquées dans la vidéo ont été suspendues et le principal protagoniste de l’histoire également radié du Rassemblement national. Soit, il y a une réaction. Mais ce n’est pas la première fois que des dérapages racistes ont lieu chez les partisans, voire candidats locaux, du RN. À chaque fois, le parti a dit qu’il allait faire la chasse à ces brebis galeuses. C’est bien. Mais c’est plutôt cette question que les cadres du Rassemblement national doivent se poser : pourquoi leur parti attire-t-il autant ce type d’individu?