La Chambre des députés aborde cette rentrée parlementaire sur de solides bases. Sous la présidence de Claude Wiseler, le Parlement luxembourgeois a été dépoussiéré. Il faut toutefois souligner que le premier citoyen du pays n’a pas agi seul. Il a pu compter sur le soutien des chefs de fraction et, donc, des sept partis représentés à la Chambre. Mais sans l’impulsion de l’ancien ministre chrétien-social, le tempo et l’ampleur de l’agenda de réformes mené depuis fin 2023 n’auraient probablement pas été les mêmes. Récapitulons : raccourcissement des temps de parole pour permettre un débat politique plus ciblé, introduction de séances le matin en complément de celles de l’après-midi, retransmission en direct de cinq, puis de dix-huit commissions parlementaires, valorisation de la cellule scientifique, plus grande ouverture vers la population, et plus particulièrement vers la jeune génération, ou encore modernisation de l’administration parlementaire.
Cette solide base est plus que jamais nécessaire pour faire face aux défis qui se posent à la démocratie. Le «stress test» engagé pour détecter les failles du système politique et institutionnel est à saluer explicitement. Le recours plus appuyé à la cellule scientifique étoffe les débats politiques et sociétaux. Le succès plus limité des pétitions publiques mérite, lui, d’être analysé de plus près, faute de quoi un levier démocratique directement accordé aux citoyens risque d’être fragilisé. D’autres chantiers restent à mener. Le recours accru à l’IA pour rendre les débats parlementaires encore plus accessibles est une bonne initiative, à condition d’être strictement encadré. Malgré ces avancées, le renforcement des équipes à disposition des députés reste indispensable. Car, en dépit des progrès accomplis, la Chambre a encore besoin de ressources pour assumer pleinement son rôle de premier pouvoir du pays. Le temps des béni-oui-oui doit être définitivement révolu.
Néanmoins, à deux ans des prochaines législatives, en octobre 2028, force est de constater que la «Maison de la démocratie» a gagné en substance. Un potentiel qu’il faudra exploiter dans les semaines et mois à venir, lors de l’examen de projets majeurs, à commencer par le budget de l’État 2028 et la réforme fiscale.