Au vu des répercussions qu’aura aussi la crise énergétique internationale sur le Luxembourg, le Premier ministre annonce une tripartite réunissant gouvernement, syndicats et patronat. Il se dit «convaincu» que des solutions pour amortir le choc pourront être trouvées ensemble.
Luc Frieden a fini par trancher. Au bout de plusieurs semaines où à tour de rôle les syndicats, le patronat, les partis d’opposition et finalement aussi le DP – son partenaire de coalition – sont montés au créneau pour demander une tripartite, le chef du gouvernement a annoncé, ce mercredi, convoquer une telle réunion de crise.
Le facteur décisif pour sauter le pas aurait été l’ampleur que prend la crise énergétique internationale, provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
«Une crise atypique»
«En un moment où cette crise internationale peut avoir un plus grand impact sur notre pays, il est bien de se réunir en format tripartite», a estimé le Premier ministre à l’issue de la réunion du Conseil de gouvernement. On serait confronté à une «crise atypique, dont on ne peut pas encore mesurer pleinement les répercussions».
Au niveau des entreprises, l’industrie serait actuellement la plus impactée par la flambée des prix de l’énergie, au contraire des PME, qui seraient encore moins exposées à une forte hausse des prix d’électricité.
Mais, d’une manière plus globale, la crise énergétique aura des conséquences sur le long terme, en premier lieu sur l’inflation. Avec à la clé une hausse généralisée des prix et une baisse de la croissance économique. Une seconde tranche indiciaire pourrait aussi tomber endéans 12 mois.
«Le moment est venu de discuter de manière constructive avec les partenaires sociaux. Nous voulons maintenir la cohésion sociale et aider les gens à conserver leur pouvoir d’achat. En même temps, il nous faut aussi maintenir la compétitivité des entreprises, et donc conserver les emplois», développe le Premier ministre.
«Le succès sera collectif, l’échec aussi»
Malgré un climat social déjà très tendu – avec récemment le clash sur le salaire minimum –, Luc Frieden s’attend à des pourparlers dans un «esprit constructif». Il se dit «convaincu» que des solutions pourront être trouvées. «Le succès sera collectif, l’échec aussi. Mais, j’aborde cette tripartite avec le fort espoir de pouvoir la mener dans l’esprit du modèle luxembourgeois, qui permet de trouver des solutions dans le consensus», complète le Premier ministre.
Luc Frieden s’est aussi défendu d’avoir attendu aussi longtemps avant de convoquer une tripartite. «Nous nous sommes préparés ces dernières semaines. Mais je reste d’avis qu’il ne faut pas forcer les choses. Il faut gouverner avec main tranquille et ne pas faire preuve de nervosité, voire de précipitation si le prix du pétrole part à la hausse», explique-t-il.