Des cigognes, installées au sommet d’un pylône à Messancy, en Belgique, sont devenues un divertissement touristique. Mais certains riverains ont contacté la bourgmestre pour savoir si le nid, près de deux câbles électriques, ne posait pas de problème à leur survie.
Depuis le samedi 11 avril, un couple de cigognes a élu domicile rue Beau-Site, dans un quartier résidentiel de Messancy, en Belgique. Les oiseaux ont choisi, pour construire leur nid composé de branchages, un poteau en béton d’une hauteur d’environ cinq mètres. Problème ? Au sommet de celui-ci, deux câbles électriques sont suspendus juste en dessous du couvoir naturel.
Certains résidents ont immédiatement manifesté leur inquiétude auprès de la bourgmestre de Messancy, Christiane Kirsch, pour savoir si cette installation n’était pas dangereuse pour la survie des oiseaux.
«On garde un souvenir»
Contactée par téléphone, la première magistrate explique qu’elle a tout de suite appelé l’Ores, la société de distribution d’électricité et de gaz belge, «qui m’a précisé que les câbles électriques étaient bien isolés. Les cigognes ne risquent donc rien. Devant l’engouement des habitants pour ces oiseaux, je vais faire tout ce qui est possible pour que les cigognes se sentent bien».
Elle ajoute : «Je suis une enfant de Messancy et je vous avoue que je n’avais jamais vu ça». D’ailleurs, Christiane Kirsch habite le quartier du Beau-Site et profite, elle aussi, de l’instant avec «beaucoup d’émotion».
Lundi 20 avril, de nombreuses voitures circulaient toujours dans cette rue à la recherche des cigognes. «On ne sait pas combien de temps elles vont rester, alors on garde un souvenir en les photographiant», explique Edmung Fabrier, 75 ans, résidant dans le village voisin.
Nouveaux territoires
«Ce phénomène est de plus en plus fréquent», partage Romain de Jaegere, le directeur du Centre de revalidation des espèces animales vivant à l’état sauvage (Creaves) de Namur. Cette structure belge est un hôpital pour la faune sauvage.
Depuis une dizaine d’années, le responsable observe un changement de comportement des oiseaux échassiers appartenant à la famille des Ciconiidés : «Nous en retrouvons beaucoup en Province du Luxembourg, comme à l’étang de L’ilé, près d’Étalle, et à l’étang de Virelles, dans le Hainaut. Avec Messancy, nous pouvons confirmer que ces espèces recherchent de nouveaux territoires».
La Belgique se trouve sur la voie occidentale de migration, un palier important «pour ces espèces qui remontent vers leurs zones de reproduction nordiques».
Il existe plusieurs stratégies de migration qui s’expliquent par les exigences écologiques (régime alimentaire, habitats) et l’histoire évolutive des espèces. Celle des cigognes se joue désormais en Belgique. Mais pour combien de temps ?
Chrystelle Thévenot
(Le Républicain lorrain)