Après avoir dénoncé les conditions de travail durant la vague de chaleur de fin juin, le syndicat OGBL estime qu’il est temps de mettre en place un plan national canicule.
Les critiques formulées ces dernières semaines à l’égard de la gestion des fortes chaleurs prennent une nouvelle dimension.
Après les alertes concernant des infrastructures mal adaptées et des températures parfois étouffantes dans les écoles, l’OGBL appelle désormais le gouvernement à élaborer un véritable plan national canicule afin d’anticiper les épisodes de chaleur extrême.
Réuni récemment, le département de la Fonction publique du syndicat (qui rassemble notamment les secteurs des chemins de fer, de l’éducation, de la santé et des services publics) dresse un constat sans appel après la vague de chaleur de fin juin.
Selon lui, la canicule «a été gérée comme si elle était un événement exceptionnel et imprévisible. Pourtant, elle ne l’était pas».
Le communiqué estime que les infrastructures et les équipements «se sont révélés insuffisamment adaptés aux fortes chaleurs» et regrette surtout «qu’aucune stratégie n’avait été prévue pour anticiper les adaptations nécessaires».
Une situation qui aurait affecté aussi bien les conditions de travail des agents que l’accueil du public dans les écoles, les maisons relais, les hôpitaux ou encore les transports en commun.
Pour l’OGBL, ces épisodes ne doivent plus être considérés comme des situations exceptionnelles. Le syndicat rappelle que les scientifiques annoncent depuis des années une multiplication des vagues de chaleur sous l’effet du changement climatique et souligne que «l’été 2026 ne constitue pas une exception : les prochaines années risquent de connaître des épisodes de chaleur encore plus extrêmes».
L’organisation syndicale formule donc désormais une revendication précise : l’élaboration d’«un véritable plan national canicule». Celui-ci irait bien au-delà du dispositif actuel piloté par le ministère de la Santé, centré principalement sur les personnes âgées, vulnérables ou isolées.
L’OGBL souhaite en effet que ce futur plan prévoie «l’ensemble des mesures d’adaptation nécessaires en période de fortes chaleurs» et soit décliné dans les différents secteurs et administrations.
Anticiper plutôt que subir
Le syndicat estime également que ce dispositif viendrait compléter la Stratégie et le Plan d’action national pour l’adaptation aux effets du changement climatique 2025-2035, adoptés au printemps, mais qui «ne prévoient que très peu de mesures relatives à l’adaptation des conditions de travail».
Parmi les pistes avancées figurent une adaptation des horaires afin d’éviter les périodes les plus chaudes de la journée, lorsque cela est possible, mais aussi la création d’un mécanisme permettant de suspendre temporairement certaines activités lorsque les conditions de travail ne garantissent plus la santé et la sécurité des agents, sur le modèle du chômage intempéries existant dans le secteur privé.
Enfin, l’OGBL plaide pour des investissements importants afin d’adapter durablement les bâtiments publics, les infrastructures et les équipements aux nouvelles réalités climatiques. Une manière, selon le syndicat, d’«anticiper plutôt que subir» les prochaines vagues de chaleur.