Que ce soit pour la réforme fiscale ou la prolongation des subventions étatiques sur les prix de l’énergie, le débat sur la pertinence d’une tournée générale pour tous les citoyens a repris de plus belle la semaine écoulée. Selon le LSAP, soutenu par déi gréng et déi Lénk, l’introduction d’une classe d’impôt unique crée de nouvelles injustices. Les plus fortunés profiteraient d’allégements fiscaux injustifiables, au détriment des ménages aux revenus les plus modestes. Le gouvernement rétorque que les personnes qui en ont le plus besoin sortiront renforcées de la réforme, notamment grâce aux mesures de soutien déjà prises en faveur des familles monoparentales. S’y ajoute une hausse des allocations familiales, qui, une nouvelle fois, bénéficiera à l’ensemble des parents, quel que soit le montant de leurs revenus.
Dans le domaine de l’énergie, le rabais à la pompe, très contesté, profite aussi bien aux grosses qu’aux petites cylindrées. Le locataire d’un petit appartement bénéficie tout autant des subventions sur le gaz et le mazout que le propriétaire d’une villa avec piscine chauffée. L’opposition milite pour des aides socialement plus justes. Le recours à un crédit d’impôt énergie ciblé en fonction des revenus revient ainsi sur la table. Or le gouvernement et sa majorité affirment qu’un tel outil ne serait pas suffisant pour freiner l’inflation. Sur le plan fiscal, une taxation plus forte des plus riches est réclamée. Une option rejetée par la majorité CSV-DP, qui met en garde contre une possible perte de compétitivité et d’attractivité du pays.
Mais, indépendamment de l’urgence actuelle de contrer la hausse généralisée des prix, le débat sur des aides étatiques plus ciblées a le mérite d’être mené. Il existe déjà des mesures réservées à certaines catégories de revenus. Lors des crises précédentes, des aides dégressives ont été mises en place, faisant même penser à un «meilleur» index. Ce mécanisme sacro-saint de compensation de la perte de pouvoir d’achat profite, lui aussi, de manière indifférenciée à tous les travailleurs et pensionnés. Toute discussion pour rendre l’index plus équitable est toutefois bloquée par ceux qui militent, dans d’autres domaines, pour davantage de justice et de sélectivité sociale.