Accueil | Culture | [Jeux vidéo] Eiji Aonuma insuffle «le plaisir de l’exploration» de la saga Zelda depuis 25 ans

[Jeux vidéo] Eiji Aonuma insuffle «le plaisir de l’exploration» de la saga Zelda depuis 25 ans


Photo : afp

Sorti en 1998, The Legend of Zelda : Ocarina of Time s’offre un remake sorti jeudi. À sa tête, l’incontournable Eiji Aonuma, a qui cette saga doit beaucoup. Rencontre. 

Il a beau être derrière certains des plus gros succès de Nintendo, Eiji Aonuma, le producteur de la saga de jeux vidéo Zelda, a confié être «nerveux» dans l’attente de la réaction des joueurs au remake d’Ocarina of Time, qui sort jeudi. «Je ne sais pas ce que ça va donner, je n’arrête pas d’y penser!», a déclaré le Japonais de 63 ans, rencontré il y a quelques jours à l’occasion de la remise de son insigne de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres au ministère de la Culture en France. Une décoration décernée vingt ans après son mentor chez Nintendo, Shigeru Miyamoto.

Si le père de Mario a également créé The Legend of Zelda en 1986, la série est pilotée depuis plus de 25 ans par Eiji Aonuma, qui a repris les rênes de la saga au début des années 2000. Les jeux narrent les aventures du guerrier Link, qui lutte à travers les âges contre le démon Ganondorf pour sauver la princesse Zelda. Iles flottant dans les airs, océan balayé par les vents… Sous sa direction, The Legend of Zelda a évolué pour offrir des univers de plus en plus plus vastes et permissifs.

«J’ai beaucoup travaillé à exploiter l’espace pour surprendre les joueurs et stimuler leur imagination», note le concepteur, afin de «créer des jeux qui suscitent le plaisir de l’exploration, cette envie de tenter une action, de voir ce que ça donne et d’appliquer ce raisonnement par la suite». «C’est sur ce point que j’ai réussi à apporter ma contribution à la série», dit-il, et c’est «l’essence même de Zelda aujourd’hui», résume le créateur japonais aux petites lunettes hexagonales, parmi les personnalités les plus respectées du jeu vidéo.

Poupées et 3D 

La série connaît sous ses mains un succès grandissant : les deux derniers opus principaux, Breath of the Wild (2017) et Tears of the Kingdom (2023), cumulent à eux deux plus de 55 millions de ventes. Pour maintenir l’intérêt des joueurs, la saga alterne entre des sorties majeures et des titres plus modestes, pendant longtemps réservés aux machines portables de Nintendo. À cela s’ajoutent des aventures annexes (les Hyrule Warriors par exemple) et des refontes d’anciens titres, dont Ocarina of Time est sans conteste la plus ambitieuse.

Photo : nintendo

Un épisode à la signification toute particulière pour le développeur originaire de Nagano, fils d’un ingénieur en télécommunication et deuxième d’une famille de trois enfants. Entré un peu par hasard chez Nintendo à la fin des années 1980, ce passionné de dessin oeuvre comme graphiste avant d’être repéré par Miyamoto, qui le fait venir sur son nouveau projet : le cinquième opus de Zelda, intitulé Ocarina of Time. «C’était la première fois que Nintendo créait des jeux en 3D», se souvient-il. «À l’université, j’ai étudié le design et les compositions en 3D au travers des poupées Karakuri (NDLR : automates traditionnels japonais). Cela correspondait bien avec mon travail à l’époque, qui consistait à concevoir les donjons de Ocarina of Time».

«Pas toujours facile»

Il prend alors les rênes de la suite, Majora’s Mask (2000), et dirige plusieurs opus avant de basculer dans un rôle de producteur pour superviser le développement de la saga. Pour le 40e anniversaire de Zelda, le créateur japonais a décidé d’opérer pour la Switch 2 une refonte en profondeur de l’épisode sorti en 1998. «Ocarina of Time est un jeu qui a créé une norme à l’époque» pour la série, relève-t-il, à savoir une histoire dont on suit les rebondissements jusqu’à vaincre le boss final.

Photo : nintendo

Au sein de ses équipes, il explique travailler avec des jeunes, dont certains n’ont jamais joué au jeu original. «C’est grâce à eux, en réfléchissant à comment adapter le jeu de la meilleure des façons, à comment le rendre amusant manettes en main, que ce remake a vu le jour», révèle-t-il. «J’espère que ceux qui connaissent les Zelda récents comprendront comment la série a évolué à partir de ces fondements». Si Eiji Aonuma ne manque pas de rappeler que «le chemin parcouru n’a pas toujours été facile», il ne semble pas prêt à passer la main pour autant. «Je suis très intéressé de voir ce que les jeunes vont imaginer» pour les prochains titres, assure-t-il. En se disant «extrêmement heureux» de proposer ses conseils pour «réfléchir ensemble» au prochain Zelda.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.