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[Cinéma] «Wildwood» célèbre la créativité humaine


Prue, l'héroïne du film, part avec son ami Curtis au cœur d'une forêt enchantée afin de sauver son petit frère. (Photo : the searchers)

Réunissant un casting vocal de stars, plus de 130 décors et 230 marionnettes, Wildwood est l’un des projets les plus ambitieux du cinéma d’animation actuel, reposant entièrement sur la technique artisanale du stop motion.

Après qu’une nuée de corbeaux a enlevé son petit frère, une jeune fille pénètre dans une forêt enchantée, habitée par des animaux bavards et des humains, où plane une guerre qui décidera du destin de tous. Voilà comment commence le conte pour enfants Wildwood, en salles depuis mercredi. Produit par le studio d’animation en stop motion Laika, ce film, dans lequel on retrouve les voix de Carey Mulligan, Mahershala Ali ou Tom Waits, a mis seize ans à arriver sur grand écran. Du haut de ses 2 h 12, il est aussi le plus long film en stop motion de l’histoire du cinéma.

«Ce film existe parce que des centaines de personnes ont consacré des années de leurs vies à essayer de raconter la plus belle histoire possible en utilisant leurs mains et leur imagination», explique son réalisateur, Travis Knight. «C’est quelque chose que les ordinateurs ne peuvent pas faire», estime l’Américain, également directeur de Laika, studio qui s’est notamment fait connaître avec le film d’animation Coraline (Henry Selick, 2009).

À l’heure où l’industrie utilise de plus en plus l’intelligence artificielle, Wildwood repose entièrement sur l’artisanat du stop-motion, technique qui consiste à prendre des photos de l’action image par image. «C’est une célébration de l’humanité, parce que ce que vous voyez dans ce film, c’est de la créativité, de l’art et de l’effort humain à grande échelle», insiste Travis Knight, dont le père, Phil Knight, a cofondé l’équipementier sportif Nike. Pour le cinéaste, les ordinateurs peuvent imiter les expériences humaines, mais seuls les humains peuvent parler des émotions «de manière authentique et significative». Car les ordinateurs «n’ont jamais connu la joie, ne sont jamais tombés amoureux, n’ont jamais eu le cœur brisé», insiste-t-il.

Ce que vous voyez dans ce film, c’est de la créativité, de l’art et de l’effort humain

Travis Knight, réalisateur

Wildwood suit l’héroïne Prue McKeel dans sa tentative de sauver son petit frère emporté par des corbeaux au cœur d’une forêt enchantée de l’Oregon, dans l’Ouest des États-Unis. Dans ce bois dissimulé aux yeux des mortels, la jeune fille découvre avec son ami Curtis un univers fantastique, où l’ambition et le deuil alimentent un conflit imminent. «C’est une grande histoire de fantasy épique», commente Travis Knight. «Mais elle explore aussi des thèmes matures et des émotions profondes.»

Expressions subtiles

Peyton Elizabeth Lee, l’actrice qui prête sa voix à Prue dans la version américaine, s’est reconnue dans le parcours de l’adolescente. «Je ne suis pas allée dans une forêt magique», sourit-elle. «Mais j’ai vécu quelque chose de similaire à cette expérience d’être une jeune personne qui se sent très mûre, très adulte, qui croit avoir une compréhension très solide du monde et de la réalité, et soudain tout cela est remis en question, et il faut tout reconsidérer.» Jacob Tremblay, le comédien doublant Curtis, s’est lui aussi identifié à son personnage, qui tente de trouver dans la vie réelle le courage de ses héros de bandes dessinées.

Pour façonner les personnages, le studio a filmé les gestes des acteurs et leurs mouvements pendant qu’ils lisaient leurs répliques en studio d’enregistrement, et a utilisé leurs mimiques dans le processus d’animation. L’équipe technique du film est particulièrement fière des expressions obtenues. «Chaque film que nous avons réalisé a été une phase de recherche et développement pour le suivant», explique le superviseur de l’animation chez Laika, Brad Schiff. Selon lui, les subtilités des interprétations de Wildwood leur étaient inaccessibles il y a encore quelques années.

Le film, inspiré d’un roman de Colin Meloy, est aussi une ode à Portland, ville emblématique de l’Oregon où se trouve le studio et où vit Travis Knight. «C’est un endroit très spécifique», juge le réalisateur. «Mais j’ai découvert que plus on fait quelque chose de spécifique et intime, plus cela finit par être universel.»

Wildwood,
de Travis Knight. En salles.

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