Le verdict des urnes a été trop clair pour invoquer ne serait-ce qu’un bref instant la chimère d’une «élection volée». Donald Trump a dû se rendre à l’évidence : les démocrates, traités d’«idiots» et de «communistes radicaux», ont été plébiscités par les électeurs lors de midterms qui constituent bien une… une quoi, au fait? À parcourir les titres des médias américains et internationaux, on pourrait croire que Donald Trump a lui-même lancé son habituel festival de superlatifs : «Gifle monumentale», «Défaite cuisante», «Débâcle historique», etc. Autant de termes pour qualifier le «raz-de-marée» démocrate – ou «Bluenami», jeu de mots utilisé notamment par CNN faisant référence à la couleur du parti – qui a permis à l’opposition de conquérir les deux chambres du Congrès. Un résultat pour lequel le président américain a même félicité ses ennemis jurés.
Quels enseignements tirer de ce scrutin qui rééquilibre le rapport des forces aux États-Unis, dirigés depuis près de deux ans par un Donald Trump omnipotent et omniprésent? Un grand «show» qui a finalement bien davantage servi ses propres intérêts – sa famille aurait engrangé plus de deux milliards de dollars dans le sillage de sa présidence – que ceux des citoyens américains.
Les droits de douane et la guerre contre l’Iran ont largement contribué à une flambée des prix. Celui qui avait promis de faire baisser le coût de la vie et de ne pas engager son pays dans une nouvelle guerre n’a tenu aucune de ses promesses.
Au contraire : il a harcelé le monde, humilié Zelensky, fait la cour à Poutine, kidnappé Maduro, bombardé l’Iran, failli annexer le Groenland, démoli une partie de la Maison-Blanche, persécuté les migrants, mais aussi ignoré le Congrès.
Donald Trump ne pourra plus le faire, en principe. Il se dit prêt à travailler avec les démocrates. En même temps, il brandit la menace du veto présidentiel. Dans les faits, Donald Trump conserve un grand pouvoir.
Faire comme si de rien n’était serait toutefois suicidaire pour son parti, son potentiel successeur et peut-être aussi pour les États-Unis. De leur côté, les démocrates devront assumer leurs nouvelles responsabilités tout en faisant émerger une figure emblématique et rassembleuse en vue de la présidentielle de 2028.