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Luxembourg Beach Open : sur le sable d’Esch, «une famille qui se retrouve»


(Photo : julien garroy)

La 31e édition du Luxembourg Beach Open s’est déroulée ce week-end dans la Métropole du fer. Ambiance.

Les places de stationnement sont insuffisantes autour du Gaalgebierg ce dimanche matin. Les voitures débordent sur les abords du site et deux agents verbalisent les véhicules mal garés. En s’approchant du parc municipal eschois, la musique couvre peu à peu les conversations tandis que l’odeur des frites imprègne l’atmosphère.

Sous les arbres, les terrains de beach-volley – tous occupés par des joueurs aux maillots violet ou jaune – grouillent de spectateurs assistant aux parties endiablées le long des barrières ou attablés à l’un ou l’autre des stands de restauration. Pour la troisième journée consécutive, le Luxembourg Beach Open (LBO) continue de battre son plein. Et cerise sur le gâteau, la météo est de la partie – ce qui n’est pas toujours le cas, en rigole Manu Thein, bénévole depuis la première édition en 1995.

Manu Thein, bénévole de l’ombre depuis 1995… et toujours joueur sur le sable. (Photo : i. s.)

C’est aujourd’hui le dernier jour de l’événement. Le plus grand tournoi de beach-volley de la Grande Région a commencé vendredi soir par des matches entre les équipes de sponsors, s’est poursuivi samedi par les tournois loisir et professionnel suivis d’une grande soirée musicale avec des DJ sets jusqu’à 3 h. Il s’achève ce dimanche par les demi-finales et la finale du tournoi.

Pour beaucoup, le LBO est devenu à la fois un rendez-vous sportif et culturel incontournable de l’été. D’ailleurs, ceux qui l’ont vu naître racontent une aventure qui a largement dépassé leurs ambitions de départ. «C’est un petit bébé qu’on a vu grandir», résume Manu Thein. À 55 ans, cet enseignant de profession continue non seulement de donner un coup de main à l’organisation mais aussi de jouer. «En deuxième équipe, mais relax, aussi longtemps que je continuerai à bouger», affirme-t-il en riant.

Ça joue pour gagner! (Photo : julien garroy)

Un sable stocké à Esch

Il se souvient des débuts avec ses trois terrains réservés aux hommes, aux dames et le dernier au loisir. L’objectif était double : financer le club, l’Escher Volleyball Club (EVBC), et amener une manche du championnat belge au Luxembourg. Cette dernière idée ne s’est jamais concrétisée. En revanche, l’événement s’est ajusté et a pris de l’ampleur : le tournoi est devenu mixte, les demies et finales du championnat national y sont jouées, quelque 300 joueurs répartis en une soixantaine d’équipes foulent le sable et plus de 3 000 spectateurs viennent assister aux compétitions et passer un bon moment.

Le LBO a aussi changé dans son organisation : les préparatifs commencent le mercredi pour la vingtaine de bénévoles, tandis que le démontage s’effectue le lundi. Avant, il fallait la semaine entière pour tout ranger, se rappelle Manu Thein : «Les machines ont professionnalisé le travail», lors des premières éditions, tout se faisait à la main. Même le sable raconte cette évolution. Importé des plages de Belgique, au début, il était acheminé par plusieurs camions qui effectuaient les allers-retours. Puis il a été acheté par la commune eschoise qui le conserve entre deux éditions. «C’est plus simple, plus écologique maintenant», reprend Manu Thein.

D’après Arnaud Maroldt, tout nouveau président de l’EVBC, cette professionnalisation ne s’est jamais faite au détriment de l’esprit d’origine. Lui a grandi sur ces terrains, plaisante-t-il. Pendant ces trois jours, il passe d’un stand à un autre, répond aux interviews, règle les imprévus et peut tout aussi bien partir à la recherche d’un enfant perdu, s’amuse-t-il. Et de décrire l’équipe de bénévoles : «C’est un groupe soudé (…), chacun met la main à la pâte.» Aux côtés des bénévoles historiques, des nouveaux venus prennent progressivement le relais. «C’est un beau mélange entre les expérimentés et les novices.»

Alors certes, le Luxembourg Beach Open «c’est une institution pour le sport luxembourgeois», estime-t-il. Mais si le tournoi continue d’attirer autant de monde, c’est aussi parce qu’il est devenu bien davantage qu’une compétition. Parmi le public, les témoignages se répondent presque mot pour mot. Anne, 46 ans, est venue voir son joueur de mari, avec leur fille Léa. Elle fait cela «depuis que ça existe», même si la météo décide parfois de sa venue. Elle apprécie l’ambiance, «ça fait vacances, c’est festif», sourit-elle. Et surtout, «on retrouve des gens qu’on n’a pas vus depuis longtemps».

Ils étaient nombreux à venir encourager les joueurs et les joueuses. (Photo : julien garroy)

Un meilleur niveau

Quelques mètres plus loin, Marig, 40 ans, est venue encourager son frère avec ses trois enfants. Depuis plusieurs années, elle revient, même lorsque la pluie s’invite. Pour elle aussi, le tournoi est avant tout «le lieu de rencontre de tous les gens qu’on ne voit pas de toute l’année». Manu Thein emploie finalement les mêmes mots : «C’est comme une famille qui se retrouve.»

Cette ambiance bon enfant n’empêche pas le tournoi d’évoluer. Tous constatent une montée du niveau sportif. «À la base, on venait surtout pour s’amuser», observe Arnaud Maroldt. Désormais, «il y a des joueurs qui disent : on est là pour gagner», ce qui enchante ce sportif. Paula en fait l’expérience chaque année. Cette habitante de Garnich d’origine roumaine participe au tournoi loisir depuis 2014 avec son mari, sa sœur, son beau-frère et des amis. Aucun ne joue en club, mais tous prennent désormais la compétition plus au sérieux.

«En 2014 ou 2015, c’était juste loisir, fun», raconte-t-elle. Aujourd’hui, «c’est plus dur, on doit se préparer, c’est plus sérieux». Une évolution qu’elle accueille avec enthousiasme : «Mais j’aime ça, j’aime la compétition». Et de rire : «Même si hier on n’a pas gagné un seul match sur les cinq qu’on a joués. Je pense que les gens s’entraînent plus que nous, ça se voit.»

En fin d’après-midi, pendant que les équipes loisirs pliaient bagage, les pros se disputaient les titres nationaux sur le sable du Gaalgebierg. Mais à écouter Paula, Anne ou Manu Thein, le palmarès n’est presque qu’un prétexte. L’essentiel s’est joué ailleurs : dans ces retrouvailles annuelles que rien, pas même la pluie, n’est venu interrompre.

 

Pour certains spectateurs, avec le LBO, le parc revêt un air de vacances. (Photo : alain rischard)

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