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Un héritage en péril

Le pape a atterri vendredi en France pour une visite de quatre jours : après Paris et la cité mariale de Lourdes dans le Sud, le souverain pontife sera à Metz ce lundi. Dans la cité lorraine, la pression, positive, est montée d’un cran ces derniers jours. Depuis plus d’une semaine maintenant, les travaux vont bon train pour installer les espaces sécurisés et les écrans géants qui diffuseront discours et messe du chef de l’Église catholique. La visite se déclinera comme celle du pape François qui avait eu lieu aussi sur une journée dans la ville de Luxembourg le 26 septembre 2024. Oui, c’était presque il y a deux ans jour pour jour! Des rencontres se tiendront au centre des congrès situé en face du centre Pompidou, où les échanges autour de la mémoire de Robert Schuman, le père de l’Europe né au Luxembourg (Clausen) et enterré à Scy-Chazelles près de Metz, seront très attendus.

Le pape américain Léon XIV n’a, en effet, pas choisi la Lorraine par hasard. Le territoire a été déchiré à de nombreuses reprises par les conflits. Les derniers ont été particulièrement dévastateurs et ont dévoilé ce qui pouvait se cacher derrière un nationalisme exacerbé, revendicatif. En 1871, une partie de la région et l’Alsace sont annexées après la défaite de Napoléon III, et l’Empire allemand veut transformer Metz pour sa gloire et montrer sa puissance. Les styles architecturaux se mélangent, la population change, ceux qui sont restés résistent parfois. Puis vient la Première Guerre mondiale : la France veut notamment laver l’affront de la perte de ces territoires. Metz, ville allemande, sera bombardée. Le prix du sang est immensément élevé, il suffit de se rendre à Verdun, autre ville lorraine, pour appréhender l’horreur du conflit. Puis Metz redevient française. Pour quelque temps seulement. En 1940, nouvelle invasion, nouvelle défaite. La Moselle est raccrochée au Reich, comme le Luxembourg. La Libération arrivera en 1944. Jusqu’à la prochaine guerre? Non. La construction européenne va assommer, un temps, toutes les haines qui agitent le continent depuis des siècles. Mais le temps a passé, les générations ont changé et les nationalismes agressifs sont de retour. Et aujourd’hui, l’héritage de Schuman est en péril. Le pape le rappellera lundi à Metz.

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