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La guerre reprend dans le Golfe


Le détroit d'Ormuz est de nouveau bloqué. (Photo : afp)

Les bombardements se multiplient de part et d’autre du Golfe persique. Les bateaux ne passent plus dans le détroit d’Ormuz.

Les États-Unis ont mené de nouvelles frappes massives sur l’Iran avant le rétablissement prévu mardi soir du blocus des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu’un accord est encore «possible». La reprise des bombardements, d’une ampleur inédite depuis le cessez-le-feu d’avril, mine les efforts diplomatiques pour rendre durable le protocole d’accord signé le 17 juin. Conséquence du climat belliqueux : le prix du baril de brent, référence internationale, monte de plus de 4 % à près de 87 dollars, au lendemain d’une envolée spectaculaire de plus de 9 %.

L’Iran a rapporté dans l’après-midi des frappes américaines sur le sud-ouest, dans la région pétrolifère proche de l’Irak et du Koweït, et sur Bouchehr, où se trouve sa seule centrale nucléaire. La télévision d’État a par ailleurs fait état de cinq explosions près du détroit d’Ormuz, au niveau de Bandar Abbas, plus à l’est. Dans la nuit, les forces américaines ont bombardé «des cibles militaires» dans plusieurs villes portuaires du sud, dont Bouchehr et Bandar Abbas, avait indiqué le commandement pour le Moyen-Orient (Centcom).

«Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain», avait prévenu lundi Donald Trump, qui a envoyé la semaine dernière une notice officielle au Congrès pour signaler la reprise du conflit, déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines. Au total, 28 personnes ont été tuées depuis le regain des hostilités mercredi, selon un décompte de l’AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

«Droit naturel»

«Il est certain que cela ne fait pas du bien de voir son pays en guerre», témoigne à Téhéran Hossein, un vendeur de 43 ans. «Mais je pense que c’est le droit naturel de chaque pays de se défendre lorsque son intégrité territoriale est attaquée.»

Comme la veille, les gardiens de la révolution ont riposté en frappant Bahreïn – notamment un bâtiment hébergeant les troupes américaines à Juffair. Les autorités ont dit avoir intercepté plusieurs projectiles tirés par l’Iran. Ils ont aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie «des installations clés et les forces américaines sur une base aérienne», selon l’agence Tasnim. Amman a annoncé l’interception de quatre missiles.

Dans le détroit d’Ormuz, au cœur du différend, les Émirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs pétroliers, tuant un membre d’équipage indien et blessant deux Ukrainiens.

Un pétrolier norvégien a également été touché par «un engin externe non identifié» au large des côtes omanaises tôt mardi, a affirmé dans un communiqué le cabinet spécialisé MTI Network.

Seuls sept navires de marchandises ont emprunté le détroit lundi, journée la plus calme en termes de trafic depuis le 13 juin, selon la société de suivi maritime Kpler.

Malgré les affrontements, Donald Trump a estimé, devant la presse à la Maison-Blanche, qu’un accord avec l’Iran était encore «possible», les consultations avec les médiateurs se poursuivant, selon la diplomatie iranienne.

Pour tenter de faire pression, le président américain a annoncé un rétablissement du blocus des ports iraniens, qui devait entrer en vigueur mardi soir.

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