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La forêt de Fontainebleau brûle toujours


Les canadairs prennent l'eau de la Seine pour éteindre le feu. (Photo : afp)

Des renforts arrivent pour lutter contre le feu qui garde toute sa vigueur dans la forêt de Fontainebleau, non loin de Paris.

Deux nouveaux avions bombardiers d’eau Canadair vont renforcer le dispositif de lutte contre l’incendie hors norme de la forêt de Fontainebleau, qui n’est toujours pas fixé lundi après-midi alors que les pompiers combattent un nouveau départ de feu.

«Tout le monde travaille avec un seul objectif : fixer ce feu», a souligné le préfet de Seine-et-Marne Pierre Ory devant la presse à Noisy-sur-École, où le poste de commandement des opérations est installé. Le sinistre a déjà brûlé «pas loin de 1 000 hectares», selon la Sécurité civile. Il est l’un des trois plus gros dans la moitié nord du pays en 20 ans. Son ampleur exceptionnelle a rendu indispensable l’engagement d’avions bombardiers d’eau, une première en région parisienne.

Deux Canadair écopent dans la Seine depuis lundi matin avant de larguer 6 000 litres d’eau toutes les deux minutes sur la forêt en feu. Deux autres appareils du même type «sont en route» vers la zone, selon le préfet. Deux Dash sont aussi utilisés depuis dimanche pour répandre au sol du produit retardant. Sans compter le recours à trois hélicoptères bombardiers d’eau.

Ce déploiement spectaculaire devrait s’avérer d’autant plus utile qu’un nouveau départ de feu a été identifié lundi après-midi dans le secteur de la Faisanderie, à proximité de la ville de Fontainebleau et de ses 15 000 habitants. Non loin de là, plus de 150 chevaux sont en cours d’évacuation au Grand Parquet de Fontainebleau, où ils venaient tout juste de trouver refuge. Le personnel et les propriétaires du centre équestre ont fort à faire avec des animaux paniqués, sous les bombardiers d’eau en rotation dans le ciel noirci par les fumées.

Ce nouveau départ de feu contraint les 800 pompiers qui se relayent depuis dimanche soir dans le massif forestier à engager moins de moyens sur le premier incendie afin de circonscrire au plus vite le second. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait déclaré dans la matinée espérer que le feu soit «fixé» lundi. Le préfet s’est montré plus prudent, refusant de prendre un tel «engagement» en raison des conditions «difficiles» rencontrées par les pompiers.

« On est clairement dans les trois plus mauvaises conditions », avait indiqué un peu plus tôt le lieutenant-colonel Olivier Compta, commandant des opérations de secours. Soit un vent «à plus de 30 km/h », et même «plutôt vers 50», une température «largement» au-delà de 30 °C et un taux d’hygrométrie «extrêmement faible». Et une fois le feu fixé, il faudra encore plusieurs jours voire plusieurs semaines pour éteindre complètement l’incendie et s’assurer qu’il n’y ait pas de reprise.

Aucune région épargnée

Laurent Nuñez a souligné que le sinistre pourrait avoir «une origine volontaire», ce que suggère la découverte d’«une dizaine de points de départ de feu dans un périmètre de 1 000 mètres». La procureure de la République de Fontainebleau a été saisie. L’emblématique massif forestier de Fontainebleau couvre environ 25 000 ha à 60 km au sud-est de Paris et accueille chaque année 15 millions de visiteurs, ce qui en fait une zone sensible, au-delà de son sol sableux et de sa végétation de fougères et de résineux particulièrement inflammables.

Sophie Guiot, qui a dormi à la salle polyvalente du Vaudoué, n’a pas pu rentrer chez elle lundi matin et témoigne d’« un réveil difficile entouré d’un épais nuage de fumée âcre qui pique la gorge et les yeux ». Elle craint que les pompiers ne parviennent pas à protéger toutes les habitations, alors que pour le moment aucune n’a été touchée et qu’aucun blessé n’est à déplorer. Entre 800 et 900 personnes ont été évacuées, selon le préfet.

La Seine-et-Marne fait face depuis le déclenchement de la vigilance rouge canicule samedi à plusieurs incendies d’ampleur, dont trois sont des feux de chaume, qui ont couvert près de 400 hectares au total avant d’être maîtrisés. Les sinistres ont entraîné des interruptions de circulation sur le rail et deux autoroutes.

Les fortes chaleurs, qui étouffent l’Île-de-France et une bonne partie du pays, accroissent considérablement le risque de départs de feux, attisés aussi par la sécheresse des sols. Plus aucune région n’est à l’abri de ces incendies estivaux.

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