Face au développement de l’IA, Cate Blanchett lance un site pour faire valoir les droits de chacun.
L’actrice australienne Cate Blanchett a lancé mardi un site gratuit devant permettre à toute personne de protéger son nom, son visage ou sa voix, contre leur utilisation non autorisée par les services d’intelligence artificielle. «À l’ère de l’IA, votre identité est votre propriété intellectuelle, et chacun a le droit de décider comment l’IA peut ou non l’utiliser», a plaidé l’actrice et productrice doublement oscarisée, lors d’un événement organisé au Parlement européen à Bruxelles. Pour aider les citoyens à faire valoir ce droit, la star a cofondé le «registre du consentement humain», accessible sur le site rslmedia.org.
Il permet à tout individu d’enregistrer les éléments qui forment son identité et d’autoriser ou non leur utilisation par les systèmes d’intelligence artificielle, dont le nom, l’image ou la voix. Dans un second temps, le site permettra aussi de protéger des créations et des marques. L’actrice, qui soutient de multiples causes, avait signé en janvier une lettre ouverte avec plus de 800 artistes, accusant les géants de l’IA de «vol».
«Il est essentiel de veiller à ce que la technologie évolue en accord avec nos valeurs et notre vision de l’avenir», a salué l’eurodéputée Eva Maydell, voyant dans ce registre «un outil qui rend les droits transparents, renforce la confiance et place la créativité humaine au cœur du progrès technologique».
Steven Soderbergh en soutien
RSL media se veut à la disposition des particuliers, mais aussi des intermédiaires comme les agents ou managers. Il est possible de choisir trois niveaux de consentement pour chaque élément enregistré : vert (autorisation sans restriction), jaune (utilisation sous condition) et rouge (synonyme d’interdiction). À charge ensuite pour les plateformes d’IA de vérifier si les contenus qu’elles désirent utiliser sont protégés ou non, ce qui n’est pas en principe une obligation légale systématique dans la plupart des juridictions. À ce propos, la vice-présidente du Parlement, Sabine Verheyen, a appelé à renforcer le cadre réglementaire dans l’UE, qui s’est dotée d’une loi pionnière, l’AI Act, adoptée formellement il y a deux ans.
Pour Cate Blanchett, au-delà des obligations légales, c’est aussi dans l’intérêt des services d’IA de respecter la volonté des individus. «Pour les entreprises d’IA, ne pas respecter le consentement et les droits humains, c’est antithétique» de la mission qu’elles revendiquent, a-t-elle fait valoir.
Le réalisateur Steven Soderbergh avait fait également le déplacement à Bruxelles pour apporter son soutien au projet, auquel il a dit participer «avec enthousiasme». «Nous pensons avoir trouvé un modèle qui fonctionne bien, tant pour les entreprises que pour la communauté créative. Il est très simple, indépendant, inviolable, ce qui est extrêmement important», a assuré le cinéaste américain.