[MONDIAL-2026] Portrait de Moisés Caicedo, qui veut battre Curaçao dimanche afin de croire encore aux 16es.
C’est entre les petites maisonnettes serrées du quartier populaire de Mujer Trabajadora, que Moisés Caicedo a soulevé ses premiers trophées, des coupes en plastique doré prêtées par un voisin pour donner le goût de la victoire à un groupe d’enfants vivant dans la province de Santo Domingo de los Tsachilas, au centre de l’Équateur.
À l’époque, «il n’y avait même pas d’arbitre… Oh là là, qu’est‑ce que ça mettait des coups», se remémore Jeremy Cedeño, un ami d’enfance du milieu défensif de Chelsea.
De cette période, reste une photo précieusement conservée par Cedeño. Caicedo, qui jouait à l’époque pied nu, y affiche le même sourire radieux qu’en soulevant la Coupe du monde des clubs remportée avec les Blues aux États-Unis en juillet 2025.Son transfert en provenance de Brighton, deux ans plus tôt, pour un montant de 116 millions d’euros selon Transfermarkt, a constitué en 2023 un record pour le football anglais. Il vient de prolonger pour sept années supplémentaires avec les Blues, dont il est une pièce essentielle avec 31 matches disputés cette saison, 3 buts, 1 passe décisive.Il vendait des fleurs dans les cimetièresCaicedo, benjamin d’une fratrie de dix qui vendait des fleurs dans un cimetière pour aider sa famille, est devenu le joueur le plus cher de la sélection équatorienne, avec laquelle il a débuté à tout juste 18 ans et totalise déjà 60 feuilles de match (3 buts).
Dans sa ville natale de Santo Domingo, le visage de Caicedo s’affiche sur des fresques murales, des maillots et même sur les protège‑tibias des enfants qui rêvent de suivre ses traces, comme Julian Hidalgo, neuf ans.
Le petit garçon, qui dit admirer l’intelligence et la vitesse de Caicedo, est entraîné par le même éducateur, Ivan Guerra.
«On rappelle que dans cette école de foot a commencé Caicedo, que le terrain c’était de la boue, des cailloux, du sable avec parfois des éclats de verre (…) On apprend aux gamins à travailler dur s’ils veulent réaliser leurs rêves», explique Guerra, 58 ans.
Il se rappelle d’ailleurs comment Caicedo l’aidait à garder des voitures dans le quartier festif de la ville pour gagner quelques pièces pour le club.
Décoré par l’assemblée nationale équatorienne, Caicedo a assuré vouloir rester «le même garçon humble qui n’oublie pas d’où il vient». Et selon M. Castillo, il a tenu parole. Ses vacances, Caicedo les passe en Équateur, va à la plage, monte sur la grande roue, tape dans le ballon avec ses anciens entraîneurs et amis, pour redevenir, le temps d’un instant, ce petit garçon qui soulevait des trophées en plastique.