La nouvelle réglementation allemande limitant à une seule hausse quotidienne, à midi, des prix des carburants a paradoxalement augmenté les marges de l’industrie pétrolière, selon une étude publiée lundi, qui souligne l’effet pervers d’une règle adoptée en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Les marges bénéficiaires sur l’essence, tant l’E5 que l’E10, «ont augmenté d’environ six centimes par litre en Allemagne» en moyenne au cours des deux premières semaines d’avril suivant l’introduction de cette mesure, par rapport aux deux semaines précédentes, d’après une étude des instituts ZEW de Mannheim et de Düsseldorf pour l’économie de la concurrence (DICE). Pour le diesel, les marges ont fortement fluctué, de sorte qu’il n’est pas encore possible d’en quantifier précisément l’évolution, selon le document.
Voulue comme un signe de bonne volonté du gouvernement de Friedrich Merz en direction des automobilistes, la mesure adoptée fin mars «n’a jusqu’à présent pas permis de réduire le niveau des prix», a résumé Leona Jung, chercheuse au DICE, citée dans un communiqué. La règle dite «de midi» ne «permet pas d’évaluer les volumes achetés aux différents prix», a réagi le porte-parole du ministère de l’Économie et de l’Énergie, Daniel Greve, lors d’un point presse. Et elle ne constitue «qu’une partie du paquet de mesures sur les carburants» visant également à «renforcer les compétences de l’Office fédéral de la concurrence», a-t-il ajouté.
Une baisse des prix à la pompe dès le 1er mai
Par ailleurs, les effets de la loi seront «évalués après six mois avec l’ensemble des acteurs du marché, puis à nouveau après un an», a-t-il dit.
Censé améliorer la transparence, ce dispositif a transformé un cycle de sept à huit pics de prix quotidiens en un seul, rendant les périodes avantageuses plus faciles à identifier.
Or, il a fallu «accepter des prix plus élevés entre midi et le début de soirée», quand les prix ont de nouveau baissé, a pointé Leonard Gregor, du DICE, cité dans le communiqué. Les hausses quotidiennes des prix ont été plus importantes dans le sud de l’Allemagne, où le revenu moyen par habitant est plus élevé, ont noté les chercheurs.
Les petites chaînes et les opérateurs indépendants ont eu tendance à davantage relever leurs marges que les grands groupes, craignant probablement un retour de bâton du gendarme de la concurrence. Une mesure récemment adoptée à Berlin prévoit une baisse des prix à la pompe dès le 1er mai, avec une réduction d’une taxe d’environ 17 centimes par litre d’essence et de diesel jusqu’à fin juin.
Malgré ce recul temporaire, les prix des carburants devraient rester nettement supérieurs à leur niveau d’avant la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février.