Après quarante ans de bons et loyaux services, le réseau de téléphonie fixe analogique a été coupé par Post Luxembourg, marquant le passage à un réseau 100 % internet.
Au cœur de la salle technique où tournaient jusque-là les anciens équipements téléphoniques des quartiers Bonnevoie, Gare et Cessange, le ministre de l’Économie, Lex Delles, a officiellement coupé ce vendredi la dernière centrale EWSD (Elektronisches Wählsystem Digital) encore en service.
Un geste historique pour les télécommunications au Luxembourg, symbolisant le passage vers un réseau entièrement basé sur les technologies internet (100 % All-IP). Aux côtés du directeur général de Post Luxembourg, Claude Strasser, le ministre, muni de gants et de lunettes de protection, a actionné le levier mettant définitivement hors service l’ancien système vieux d’une quarantaine d’années.
«Aujourd’hui, en coupant la dernière centrale de télécommunications de Luxembourg-Gare, nous avons définitivement mis hors service les anciennes technologies concernant le téléphone qui avaient été construites entre 1984 et 1994. C’était la seule à être encore opérationnelle sur les cinquante dispersées sur le territoire», explique Gaston Bohnenberger, directeur de Post Technologies.
«Ces dernières années, nous avons achevé notre programme All-IP démarré en 2000 et dédié à la transition vers le digital. Ce qui fut parfois douloureux pour certains clients, attachés à leur ligne classique et qui ne souhaitaient pas forcément changer», poursuit-il.
Sur cette période, les 300 000 clients du réseau fixe ont ainsi basculé vers la fibre optique. Un changement effectué par Post pour l’ensemble des opérateurs.
- 1861 : introduction au Luxembourg du télégraphe électrique
- 1885 : premier service téléphonique en ville, avec commutation manuelle
- 1963 : automatisation intégrale du réseau de téléphone, plus besoin d’opérateur
- 1984 : passage à la commutation numérique
- 2010-2025 : abandon progressif du réseau cuivre au profit de la fibre
- 2026 : l’ancien réseau cuivre est officiellement mis hors service
À la fin du XIXe siècle, les communications téléphoniques étaient établies manuellement dans des centres de télécommunications par des opérateurs : ils reliaient directement les clients via une connexion avec un cordon doté d’une prise jack à chaque extrémité.
Par la suite, les communications ont été automatisées, et dans les années 1950, l’introduction de la technologie EMD (Edelmetall-Motor-Drehwähler) a permis d’abandonner petit à petit les opérations manuelles. La technologie EWSD a permis, dès 1984, le passage à la commutation numérique en s’appuyant sur des systèmes informatiques pour assurer l’acheminement des appels.
Celle-ci a constitué une étape majeure dans la modernisation du réseau de télécommunications fixe national. Son arrêt définitif symbolise aujourd’hui l’achèvement du passage vers des infrastructures tournées vers l’avenir.
Moins d’entretien, plus de qualité
La généralisation des technologies All-IP et le déploiement de la fibre optique en remplacement du réseau cuivre contribuent à réduire les coûts de maintenance, à diminuer la consommation énergétique des infrastructures et à améliorer la qualité des services de communication, qui offrent aujourd’hui davantage de fonctionnalités.
«Grâce au déploiement de la fibre optique, qui couvre aujourd’hui plus de 92 % des ménages du pays, le Luxembourg dispose d’un réseau fixe plus performant, capable de répondre aux besoins en connectivité des citoyens et des entreprises», conclut Gaston Bohnenberger.