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Un catalogue de mesures pour nos assiettes


Ce plan veut aussi promouvoir les produits locaux et de saison. (Photo : archives lq/isabella finzi)

Le Luxembourg se dote d’un premier plan national consacré à l’alimentation durable. Au menu : manger mieux, local, sans perte ni insécurité alimentaire.

Comment encourager les habitants à se nourrir de manière équilibrée, lutter contre le gaspillage alimentaire ou assurer la sécurité et la souveraineté alimentaires? Voilà quelques-uns des enjeux auxquels le premier «plan d’action national pour un système alimentaire durable 2026-2030», approuvé en Conseil de gouvernement le 27 mars, entend répondre. Martine Hansen, la ministre de l’Agriculture, et Nathalie Unsen, du service de la stratégie alimentaire, en ont présenté les grandes lignes ce jeudi lors d’une conférence de presse.

Mais d’abord, était-il bien nécessaire de créer une nouvelle feuille de route portant sur l’alimentation durable, alors qu’il existe déjà un «plan d’action national pour l’agriculture biologique 2026-2030» datant de moins de quatre mois? Pour Martine Hansen, les deux textes ne poursuivent pas le même objectif. Tandis que le PAN-Bio «se concentre vraiment sur le bio» et lui consacre un budget spécifique, le nouveau plan se veut plus «global» et entend embrasser toute la chaîne alimentaire.

D’ailleurs, la ministre de l’Agriculture donne une définition très large de l’alimentation durable. Il s’agit selon elle d’une alimentation «saine, respectueuse de l’environnement, qui promeut les produits régionaux et biorégionaux». Sans oublier l’agriculteur qui «doit gagner de l’argent». Autrement dit, «durable, c’est toujours l’économie, l’écologie et le social», complète-t-elle.

Une quarantaine de mesures

Ce plan s’articule autour de quatre axes centraux : promouvoir une alimentation équilibrée, renforcer la visibilité des produits régionaux, lutter contre le gaspillage alimentaire et assurer la sécurité et la souveraineté alimentaire. Pour y parvenir, quatre leviers sont identifiés : sensibilisation et mobilisation, formation et développement des compétences, participation et accompagnement, innovation et recherche. Pas moins de quatre ministères sont impliqués.

Sur le volet de l’alimentation équilibrée, le gouvernement prévoit des campagnes d’information à destination de tous dès le plus jeune âge. Ainsi, il est prévu, selon le document, une meilleure intégration de l’éducation alimentaire à l’école, la réalisation de kits pédagogiques pour les enfants, les parents et les enseignants, mais aussi l’analyse et l’amélioration de l’offre de fruits et légumes frais dans ces structures. «L’étude de consommation va aussi nous aider à savoir quelles sont les compétences alimentaires des gens», glisse Natalie Unsen. Et pour que manger équilibré ne grève pas le budget, la contribution maximale de l’État devrait passer à 7 euros par repas dans le cadre du chèque-service accueil.

Le plan national d’action met aussi l’accent sur les produits régionaux, bios-régionaux et de saison. Sur ce point, le plan part d’un constat assez clair : l’origine des produits reste parfois difficile à identifier, l’offre locale demeure limitée – surtout pour les fruits et légumes – et son coût reste un frein. Des campagnes de sensibilisation, une consolidation de la plateforme regionalsaisonal.lu, des outils pour mieux rendre visibles les producteurs en vente directe, voire le projet pilote d’un programme de fidélité avec un supermarché sont prévus pour tenter de convaincre.

«On a récolté toutes les bonnes pratiques»

Autre axe important : la lutte contre le gaspillage alimentaire. Le gouvernement veut renforcer les campagnes Antigaspi, valoriser les bonnes pratiques du secteur, former différents publics et développer des actions dans les structures d’éducation et d’accueil. Nathalie Unsen évoque aussi l’encadrement des acteurs caritatifs qui redistribuent des denrées. L’idée, a-t-elle expliqué, est d’éviter que des aliments encore consommables soient perdus faute de respect des règles de sécurité alimentaire, par exemple en cas de rupture de la chaîne du froid. «On a récolté toutes les bonnes pratiques, affirme-t-elle, on les a mises dans une brochure qui est aussi disponible pour promouvoir et inspirer le reste du secteur.»

Le quatrième et dernier axe concerne la sécurité et la souveraineté alimentaires. Le plan prévoit ici des mesures autour de la transparence, de la formation continue sur les standards de sécurité alimentaire, d’une étude de consommation avec un focus sur la sécurité des produits consommés, mais aussi de la résilience alimentaire, du manque de main-d’œuvre ou encore de l’augmentation de la production de protéines végétales, de fruits et de légumes. Le document rappelle au passage que le Luxembourg reste fortement dépendant des importations et que l’autosuffisance totale n’est pas réaliste à l’échelle nationale.

Le gouvernement assume par ailleurs une démarche progressive. «On a des informations subjectives, mais d’abord on doit objectivement savoir où sont vraiment les problèmes pour alors cibler spécifiquement les actions», relève Nathalie Unsen. Une étude de consommation doit justement permettre de mieux cerner les habitudes alimentaires au Luxembourg. Une phase pilote est prévue entre 2026 et 2028, avant une réalisation à l’échelle nationale entre 2029 et 2031. «Maintenant, on a vraiment un paquet et quatre ans pour finaliser notre travail», conclut Martine Hansen.

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