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Féminicide à Tétange : José étrangle son épouse et tente de se suicider


En couple depuis dix ans, le prévenu n’aurait pas supporté une tromperie de la part de son épouse. (Photo : archives editpress)

José a tué sa femme. Il l’a avoué à des passants croisés sur le pont Rouge avant de remettre les clés de son domicile à la police. Il est accusé d’assassinat et de meurtre.

Au beau milieu de la nuit, deux passants ont empêché José de sauter du Pont rouge. Il était 3 h dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 février 2025. Quelques heures plus tôt, l’homme de 61 ans avait tué son épouse en l’étranglant avant d’essayer de se suicider en avalant du déboucheur pour tuyaux. Il est accusé de meurtre et d’assassinat.

«Son corps tout entier tremblait quand nous l’avons trouvé. Il avait garé sa voiture sur la piste cyclable», rapporte un commissaire en chef de la police arrivé boulevard John-Fitzgerald-Kennedy au Kirchberg pour le secourir. La mission de départ s’est transformée en une tout autre intervention. À la radio, le policier est informé par ses collègues qu’il pourrait s’agir d’un cas d’homicide.

«Il avait avoué son crime aux deux passants qui l’ont secouru. Persuadé que son épouse le trompait, il aurait perdu la raison», poursuit le policier. «Pendant que José était transporté à l’hôpital, les policiers se sont rendus au domicile du prévenu dans la rue de Rumelange à Tétange. Très coopératif, «le prévenu nous avait remis la clé de son domicile». La victime gisait à côté de son lit, une bougie était allumée et une bouteille de déboucheur se trouvait dans la cuisine.

Une gorgée de déboucheur

Le prévenu, persuadé que son épouse depuis dix ans le trompait, n’aurait pas apprécié qu’elle se prépare pour sortir avec des amies, indique un enquêteur de la police judiciaire. Une dispute aurait éclaté pour une obscure raison, le couple se serait aspergé à tour de rôle de gaz lacrymogène avant de basculer sur le lit conjugal puis au sol. Hors de lui, José aurait serré la gorge de Jamila jusqu’à ce qu’elle cesse de bouger. Le médecin légiste a décelé des blessures de défense.

José et son épouse se connaissaient depuis quarante ans. Ils étaient voisins au Cap-Vert. Ils ont fait leur vie chacun de son côté avant de se retrouver. José a eu cinq enfants. Depuis quelques mois, la victime avait changé de comportement, selon José. Le couple faisait chambre à part depuis sept mois et «José n’appréciait pas ses sorties fréquentes» depuis que Jamila avait changé d’emploi. Lors de son interrogatoire à la police, il confie : «Je me sentais très seul dans mon appartement.» Voire délaissé et ignoré.

Des amis du couple ont informé les enquêteurs que le prévenu et la victime cherchaient chacun un nouvel appartement. Signe qu’une rupture se profilait. La veille des faits, José aurait confié à un ami envisager de mettre son épouse à la porte s’il avait confirmation de ses doutes. «Ma vie est détruite.» Le même jour, il avait contacté celui qu’il pensait être l’amant sur les réseaux sociaux. L’analyse de son ordinateur montre que ses intentions ont pu être autres. José s’est renseigné sur les poisons et les parties les plus vulnérables du corps humain. Au juge d’instruction, il a confié avoir cherché des solutions pour mettre fin à ses jours.

José est décrit par ses proches comme un homme doux très attaché à son épouse et qui évite les conflits. Pourtant, il aurait lui aussi donné des coups de canif dans son contrat de mariage. Son épouse aurait trouvé des discussions avec d’autres femmes dans son téléphone.

Après avoir essayé de réanimer la victime, José aurait avalé une gorgée de déboucheur puis posé sa tête sur le ventre de son épouse. Il y aurait vomi une première fois, puis aurait pris le volant de sa voiture, où il aurait à nouveau vomi, avant de s’arrêter sur le pont Grande-Duchesse Charlotte. La quantité de produit ingérée n’était pas suffisante pour entraîner son décès. 

José a été condamné à deux ans de prison au Portugal pour des faits de violences sur sa compagne de l’époque.

Le procès se poursuit ce jeudi après-midi avec l’audition du prévenu. 

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