Alors qu’elle s’apprête à célébrer ce samedi le centenaire de son service d’autobus ainsi que les 150 ans des transports publics, la Ville de Luxembourg a dressé le bilan du réseau tout en affirmant son ambition d’une flotte 100 % électrique d’ici 2027.
C’est un double cap historique, car ce samedi 6 juin, la Ville de Luxembourg fêtera les 150 ans des transports publics, initiés en 1875 par le premier tramway hippomobile, et le 100e anniversaire de son réseau d’autobus. Pour marquer l’événement, une journée portes ouvertes se tiendra de 10 h à 17 h au dépôt du Service Autobus, situé à Hollerich (63, rue de Bouillon).
Au programme : des visites guidées, une exposition rétrospective au Tramsmusée ainsi que plusieurs animations telles que des ateliers de bricolage pour enfants et diverses offres de restauration et de boissons.
Les chiffres du terrain
La conférence de presse annonçant l’événement a permis de rappeler, derrière l’aspect festif, la dimension massive des Autobus de la Ville de Luxembourg (AVL). Lex Bentner, chef du Service Autobus, a ainsi détaillé l’envergure opérationnelle de ce service public qui s’étire aujourd’hui sur 763 kilomètres.
«En 2025, les autobus des 31 lignes régulières ont parcouru environ 13,4 millions de kilomètres et transporté près de 40 millions de voyageurs», a-t-il précisé. Pour soutenir cette cadence, la Ville s’appuie sur «526 agents, dont 384 chauffeurs de bus», une flotte combinée de près de 280 véhicules, dont 150 en sous-traitance, et un budget ordinaire de 134,1 millions d’euros pour l’année 2026.
Intervenant avant Lex Bentner, Patrick Goldschmidt, échevin, avait fixé le cap : «Le développement stratégique du Service AVL s’appuie sur plusieurs axes afin d’atteindre un objectif clé qui est la satisfaction des usagers.»
La sécurité et le recrutement en priorité
L’hyper-fréquentation du réseau s’accompagne de défis majeurs. Paul Hoffmann, ingénieur-directeur de la direction Mobilité, n’a pas nié la réalité du terrain. Abordant les défis quotidiens, il a reconnu les difficultés de recrutement actuelles, qualifiant par ailleurs la hausse des incivilités et de la présence de drogue sur le réseau de véritable problème.
Et afin de répondre à cette urgence sécuritaire touchant tant les passagers que le personnel, la Ville accélère la mise en sécurité de ses lignes. Le communiqué de presse confirme le déploiement massif de la vidéoprotection. La quasi-totalité de la flotte en est aujourd’hui équipée, mais les bus restants (environ 5 %) le seront d’ici 2027.
Cap sur le 100 % électrique
L’avenir s’annonce vert, car l’objectif reste la fin définitive du diesel sur tout le réseau d’ici 2027. Avec la livraison de 57 nouveaux bus électriques d’ici la fin de l’année, une étape décisive sera franchie, permettant à 95 % du réseau d’être décarboné.
Les résultats environnementaux sont déjà chiffrés : «Depuis l’électrification du réseau, les émissions de CO2 ont été significativement réduites», affirme la Ville, soulignant que 15 600 tonnes de rejets ont été évitées par rapport à 2016.
Enfin, la modernisation passe par une digitalisation visible, via l’équipement de plus de 300 aubettes en affichage numérique, mais aussi par des projets d’avenir. La Ville collabore actuellement avec l’université du Luxembourg sur le projet ATLAS.
Mêlant intelligence artificielle et machine learning, ce programme vise à déployer des «bus autonomes» capables de circuler de manière automatisée au sein du futur dépôt de Hollerich.