Accueil | A la Une | Les mortinaissances en hausse au Luxembourg : la ministre s’explique

Les mortinaissances en hausse au Luxembourg : la ministre s’explique


(Photo : freepik)

Si le nombre de mortinaissances est en hausse au Luxembourg, la ministre de la Santé, Martine Deprez, appelle à la prudence concernant ces données et en donne les raisons probables.

Le 12 janvier, le ministère de la Santé a publié les chiffres des décès au Luxembourg pour l’année 2024. Il y était indiqué qu’il y a eu 98 mortinaissances au Luxembourg – c’est-à-dire 98 décès soit après 28 semaines de grossesse, soit avant ou soit au cours de l’accouchement. Ce chiffre correspond à un taux d’environ 8 mortinaissances pour 1 000 naissances, le taux le plus élevé depuis 1976. Interpellé par ces chiffres, le député pirate Sven Clement a voulu savoir s’il existait des causes médicales ou une répartition de ces décès en fonction de la semaine de grossesse, d’autant que la ministre de la Santé et de la Sécurité sociale s’était engagée à analyser cela «plus en détail».

Dans sa réponse, Martine Deprez reconnaît la hausse du nombre de mortinaissances enregistrées au Luxembourg en 2024 (98 cas), tout en appelant à une lecture prudente des chiffres. Le ministère insiste sur la nécessité d’une analyse plus détaillée, tenant compte du contexte de chaque maternité et du nombre de naissances prises en charge par établissement.

En 2024, il y a eu 32 cas entre 22 et 27 semaines de grossesse, 24 entre 28 et 36 semaines, 10 à partir de 37 semaines, ainsi que 32 cas survenus avant 22 semaines. Par établissement de soins, le CHL en recense 56, devant le HRS (17), le CHdN (12) et le CHEM (10), auxquels s’ajoutent 3 cas hors maternité (domicile ou ambulance). La ministre rappelle toutefois que ces données brutes ne peuvent pas être comparées sans les rapporter au nombre de naissances et au profil des patientes.

Sur les causes, 72 cas relèvent de la catégorie ICD-10 P00-P96 (affections de la période périnatale) et 26 de la catégorie Q00-Q99 (malformations congénitales, déformations et anomalies chromosomiques). Le ministère précise en revanche ne pas disposer de données sur les facteurs de risque maternels comme le diabète, l’hypertension, le tabagisme ou l’obésité. Les informations sur l’âge de la mère et le moment du décès ne sont, elles, disponibles que depuis 2023.

Des définitions différentes

La ministre avance plusieurs pistes explicatives à la hausse de ces décès : amélioration des déclarations au niveau national depuis le renforcement du système de surveillance et l’obligation de déclaration, évolution des critères de déclaration – à partir de 22 semaines, ou selon certains critères de poids et de taille –, hausse possible de l’âge maternel moyen et progrès du dépistage prénatal susceptibles d’augmenter la détection de complications fœtales.

Selon la ministre, la comparaison avec la moyenne européenne de 3,2 pour 1 000 est jugée trompeuse si l’on ne compare pas des définitions identiques. Martine Deprez affirme que le Luxembourg affichait précisément 3,2 pour 1 000 dans Euro-Peristat en 2019. Le taux plus élevé calculé à partir du registre des causes de décès (7 pour 1 000 en 2019, 8 pour 1 000 en 2024) inclut les mortinaissances dès 22 semaines et les interruptions thérapeutiques de grossesse, qui représentaient 44% de l’ensemble des mortinaissances en 2024.

Le gouvernement dit ne pas prévoir, à ce stade, de Stillbirth Reduction Care Bundle au Luxembourg (ensemble de soins pour la réduction de la mortinatalité)  avec objectifs spécifiques et mesurables. Il renvoie au programme «Santé maternelle et petite enfance», récemment lancé. Une analyse détaillée est en cours, tandis que le ministère dit travailler à «la mise en place d’une base légale pour les registres», le système Susana/Perinat reposant aujourd’hui sur une collaboration sans obligation légale.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.