L’Union des syndicats OGBL-LCGB redoute que l’Association des médecins et médecins-dentistes (AMMD) veuille forcer un démantèlement du système de santé, avec à la clé un déconventionnement.
La conséquence directe? Les médecins pourraient librement facturer les consultations sans être tenus de respecter un plafond fixé par la Caisse nationale de santé (CNS). Le syndicaliste Christophe Knebeler (LCGB) a mis en garde contre un tel scénario, ce mardi, à l’occasion d’une conférence de presse.
L’Union des syndicats évoque une «bombe» qui risque de frapper le système de santé. La voie pourrait être ouverte à une médecine à deux vitesses, avec une possible libéralisation du système de santé.
La toile de fond est le refus de l’AMMD de signer une nouvelle convention avec la CNS. Les négociations lancées après la résiliation de la dernière convention, à l’automne dernier, sont aujourd’hui achevées. Mais l’AMMD juge «irréaliste» une validation du cadre retenu. En cause : l’absence de volonté politique pour enfin mener un véritable virage ambulatoire, offrant plus de libertés et de compétences aux cabinets privés. Ce virage devrait aussi s’accompagner d’une revalorisation supplémentaire des tarifs pour les prestations de santé et d’un soutien financier pour l’exploitation des cabinets privés.
En l’absence d’un nouvel accord d’ici le 1er novembre, la ministre de la Santé et de la Sécurité sociale sera obligée de mettre en place un régime transitoire, reposant sur la convention en vigueur. Selon les syndicats, ce scénario pourrait entraîner une liberté tarifaire accrue des médecins, la nomenclature n’étant plus contraignante. Des mécanismes essentiels, comme le paiement immédiat direct (PID), risqueraient également de disparaître.