Léon Gloden n’était pas peu fier de pouvoir annoncer, mardi, à la Chambre des députés que les contrôles stationnaires sur l’autoroute en direction de Trèves allaient être levés. Le ministre des Affaires intérieures est parvenu à arracher une nouvelle concession à son homologue allemand, Alexander Dobrindt. Un résultat dont il peut se prévaloir. Depuis juillet 2025, la police allemande a transformé les barrages filtrants en contrôles ponctuels visant des véhicules suspects. Les travaux de réparation du viaduc autoroutier de Schengen continuent toutefois de peser sur les frontaliers. La donne sera en revanche différente pour les navetteurs en direction de Trèves : le blocage d’une voie à hauteur de la ville romaine doit bientôt prendre fin, des contrôles assouplis seront alors mis en place.
L’accord trouvé est le résultat de tractations politiques au plus haut niveau. Le Premier ministre, Luc Frieden, a ainsi réussi à faire comprendre la problématique au chancelier allemand, Friedrich Merz. Léon Gloden a aussi clamé sans cesse mener des discussions intenses avec Alexander Dobrindt. Ces échanges «amicaux» ont permis de désamorcer la situation sans devoir engager une procédure contre l’Allemagne pour non-respect des règles de Schengen, une option que le gouvernement luxembourgeois a toujours refusée.
Pour autant, le fond du problème demeure. Le maintien, depuis septembre 2024, des contrôles allemands aux frontières avec ses voisins viole le droit européen, comme vient de le confirmer le tribunal administratif de Coblence. Le gouvernement allemand n’a pas tardé à interjeter appel, convaincu du bien-fondé de la mesure. Le ministre Dobrindt met en avant une baisse de 70 % de l’immigration illégale pour justifier leur maintien. Sa visite, lundi soir à Schengen, ne l’a d’ailleurs pas incité à infléchir sa position. Le ministre autrichien de l’Intérieur est ainsi reparti bredouille de la réunion avec ses homologues germanophones organisée au Grand-Duché. L’assouplissement obtenu ne doit donc pas faire retomber la pression exercée par le gouvernement CSV-DP sur la Commission européenne pour «maintenir en vie» l’espace Schengen, comme aime à le souligner Léon Gloden. Bruxelles doit enfin prendre position.