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[Tennis] La sensation Chwalinska poursuit sa route


Passée par les qualifications, la Polonaise Maja Chwalinska peut afficher un grand sourire. (Photo : afp)

ROLAND-GARROS Inarrêtable : la Polonaise, 114e mondiale, est devenue, jeudi, la première joueuse issue des qualifications à se hisser en finale à Paris, où elle défiera, samedi, la jeune Russe Andreeva (8e).

Maja Chwalinska, au jeu tout en variations, s’est imposée 7-6 (7/4), 6-4 contre une autre Russe, la 23e mondiale Diana Shnaider, signant sa neuvième victoire d’affilée porte d’Auteuil. Une épopée à peine croyable pour la joueuse de 24 ans, qui n’avait remporté avant Roland-Garros que deux matches sur terre battue sur le circuit principal, et un seul match dans le tableau final d’un Grand Chelem.

Samedi contre Mirra Andreeva, qui disputera également sa première finale en Majeur, la gauchère tentera de devenir la deuxième qualifiée de l’histoire à remporter un tournoi du Grand Chelem, cinq ans après l’épopée victorieuse de la Britannique Emma Raducanu à l’US Open. «Ça ressemble à un rêve. Je ne sais pas ce qui m’arrive», a souri la toute fraîche finaliste, complètement incrédule dans son interview d’après-match.

Tombeuse en quarts de finale de la n° 1 mondiale Aryna Sabalenka, Shnaider n’a pas démérité, s’offrant des balles de break à 5-5 dans le premier set et remontant un break de retard en début de deuxième manche. Mais poussée par un Central qui hurlait son prénom, Maja Chwalinska a eu le dernier mot, sur un superbe passing venant conclure 2 h 10 d’une bataille serrée.

La Polonaise s’est aussitôt pris la tête entre les mains, se couchant de tout son long sur la terre battue parisienne. Quelques heures plus tôt, la première demi-finale avait duré 1 h 16, soit une poignée de minutes de moins que le premier set entre Chwalinska et Shnaider. En gagnant 6-1, 6-3, Andreeva (19 ans) a mis fin à l’invincibilité de Marta Kostyuk sur terre battue.

Lauréate des tournois de Rouen et Madrid, l’Ukrainienne restait sur une série de seize succès d’affilée. Ces trente dernières années, seules trois joueuses ont atteint la finale à Paris en étant plus jeunes qu’Andreeva : la Suissesse Martina Hingis (1997, 1999), la Belge Kim Clijsters (2001) et l’Américaine Coco Gauff (2022).

«Pas mon meilleur match»

«C’est génial! Je n’ai jamais ressenti quelque chose de pareil auparavant», s’est exclamée la gagnante. Dans un duel aux enjeux dépassant le tennis, plus de quatre ans après le début de l’invasion russe en Ukraine, Kostyuk (15e) a perdu d’entrée sa mise en jeu et a peiné à exister dans le premier set face à une Andreeva clinique.

Prise de vitesse par la qualité du service et la longueur de balle de la Russe, l’Ukrainienne a gaspillé ses rares occasions d’engager le bras de fer en commettant de nombreuses fautes directes (34, contre 22 pour Andreeva).

«Je suis ravie de la façon dont j’ai joué, ravie de prendre ma revanche après la finale du WTA 1000 de Madrid (NDLR : perdue début mai devant Kostyuk) et ravie de me qualifier pour ma première finale en Grand Chelem», a exulté Andreeva quelques instants après la balle de match.

À 23 ans, Kostyuk disputait sa première demi-finale en Grand Chelem et lui avait donné un tour très politique en profitant de ses discours d’après-match pour rappeler les souffrances du peuple ukrainien, là où Andreeva, déjà demi-finaliste à Paris en 2024, s’est très peu exprimée sur l’invasion russe en Ukraine.

Si quelques drapeaux jaune et bleu coloraient les tribunes du court Philippe-Chatrier, balayé comme la veille par des rafales de vent, les encouragements du public n’ont pas suffi pour sauver Kostyuk, en panne de premières balles et de coup droit. «Je n’ai clairement pas livré mon meilleur match», a reconnu l’Ukrainienne.

«Mais je n’y pense pas plus que ça. J’ai connu assez de jours difficiles pour savoir qu’ils ont une fin», a-t-elle développé. «Ce n’est pas la fin du monde de perdre un match, quel que soit le tournoi. C’était ma première demi-finale» de Grand Chelem, «j’ai engrangé de l’expérience, donc la prochaine fois que je jouerai une demi-finale, je me sentirai peut-être mieux», a espéré Kostyuk.

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