Après l’arrivée de près de 50 000 migrants venus du Maroc dans l’enclave espagnole le 30 juillet, Luc Frieden a pris le parti de l’Espagne et défendu Schengen.
Le Luxembourg a choisi de ne pas rejoindre les 22 États membres de l’Union européenne ayant signé une lettre critiquant la gestion par l’Espagne de l’arrivée massive de migrants marocains à Ceuta. Au contraire, le Premier ministre, Luc Frieden, a défendu Madrid lors d’une interview accordée à la radio 100,7.
Lors de son interview, il a expliqué que l’Espagne a rempli sa mission en protégeant la frontière extérieure de l’Union européenne et a rappelé qu’aucun des quelque 60 000 migrants arrivés à Ceuta n’a rejoint le continent européen. Une lettre critiquant le gouvernement espagnol serait donc «injuste», a-t-il dit.
Luc Frieden voit derrière cette initiative une divergence plus profonde sur la politique migratoire européenne. «Il s’agit d’un groupe de pays dirigé principalement par le Premier ministre italien et le Premier ministre danois, qui ont en réalité une politique migratoire moins européenne que la nôtre et qui sont également moins favorables à l’espace Schengen que nous», a-t-il ajouté.
La panique européenne
Le Premier ministre a encore insisté sur le fait que la protection des frontières extérieures est une responsabilité commune des États membres. «Nous devons lutter contre les passeurs. Nous devons protéger ensemble nos frontières extérieures. Nous devons coopérer avec les pays tiers, comme ici avec le Maroc. Et nous devons en tout état de cause préserver le système Schengen.»
À ses yeux, la réponse ne peut pas se limiter au contrôle des frontières : «Je pense que nous devons mettre en place des mécanismes de migration légale et de coopération économique (…) afin que les gens puissent y rester, afin qu’ils puissent y construire une vie, une vie digne.»
Ce mardi, le ministre des Affaires intérieures, Léon Gloden, participe à une visioconférence de ses homologues européens consacrée à la situation à Ceuta. Il devrait y rappeler «l’importance de l’espace Schengen».