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[Littérature] Caryl Férey déterre la hache de guerre


«Depuis que je suis tout petit, les Indiens me fascinent. J'ai l'impression d'avoir toujours vécu avec eux», raconte Caryl Férey. (Photo : francesca mantovani)

LITTÉRATURE Écrivain baroudeur, le romancier Caryl Férey s’apprête à faire son retour en librairie avec Lakota, un nouveau thriller qui prend pour décor une vie de «misère» dans une réserve indienne aux États-Unis.

Après les quartiers chauds de Bogotá et la savane africaine, les grandes plaines américaines : dans son nouveau roman policier, l’écrivain voyageur français Caryl Férey plonge ses lecteurs dans un western sombre au cœur d’une réserve indienne soumise à la loi des cowboys d’aujourd’hui. «Depuis que je suis tout petit, les Indiens me fascinent. J’ai l’impression d’avoir toujours vécu avec eux», raconte Caryl Férey à quelques jours de la sortie de Lakota, publié le 13 août dans la prestigieuse collection Série noire de Gallimard.

Ce thriller de 400 pages s’annonce comme l’un des best-sellers de la rentrée, l’auteur français de 59 ans ayant conquis un lectorat fidèle avec ses polars ancrés dans la réalité sociale et politique, de Zulu (2008) à Condor (2016) en passant par Okavango (2023). Lakota est le récit d’une vengeance. Celle de Winona, une Indienne au teint clair, et de son jeune frère Duane, qui refusent de croire que la mort de leur père, retrouvé noyé dans le Mississippi, soit accidentelle. Ils mènent l’enquête dans les plaines du nord des États-Unis, en particulier le Dakota, où quelques milliers de Lakota subsistent dans des réserves.

Rencontre avec les Lakota

Caryl Férey en dresse un tableau édifiant. Dans ces lieux de «misère et de désœuvrement», les Indiens «n’ont plus beaucoup de dents» et, à 30 ans, «commencent à sourire de travers en souvenir de la malnutrition à la junk food et des gnons qu’on se refile», écrit-il.

Je ne supporte pas l’oppression, les gens qui écrasent les autres

Comme pour ses précédents livres, l’écrivain baroudeur a préparé son roman en effectuant un road trip à la rencontre des habitants. «J’ai été surpris par l’excellent accueil» des Lakota, «avenants et ouverts» malgré «la vie difficile qu’ils mènent», témoigne l’écrivain. «Ils étaient étonnés qu’un Français s’intéresse à eux et que les Européens aient une vision positive des Indiens» alors qu’ils se considèrent comme «totalement méprisés» aux États-Unis. L’auteur veut croire que les Lakota connaîtront des jours meilleurs en se montrant «de plus en plus fiers de leur culture et de leurs traditions».

Dans Lakota, les Blancs, le shérif en tête, sont violents et corrompus, prêts à tout pour s’enrichir aux dépens des autochtones. «Je ne supporte pas l’oppression, les gens qui écrasent les autres», confie Caryl Férey, qui a grandi à Montfort-sur-Meu, petite ville proche de Rennes, où il a peiné à passer le bac, plus attiré par le rock et l’aventure que par les études.

Une BD en septembre

À 20 ans, il s’envole pour la Nouvelle-Zélande, théâtre de ses premiers polars, Haka (1998) et Utu (2004). Il se passionne ensuite pour les conséquences du colonialisme et des dictatures en Amérique du Sud, qu’il décrit dans Mapuche (2012) pour l’Argentine, Condor pour le Chili et Paz (2019) pour la Colombie. L’un de ses romans les plus populaires, Zulu, qui se déroule dans l’Afrique du Sud post-apartheid, a été adapté au cinéma en par Jérôme Salle en 2013, avec les acteurs Orlando Bloom et Forest Whitaker.

Avant de connaître le succès, le Breton a vécu de petits boulots pour ne pas renoncer à écrire. «J’adore voyager mais, par-dessus tout, je m’éclate dans l’écriture. Sept jours sur sept», confie-t-il. Outre les polars, Caryl Férey écrit des livres pour la jeunesse et des scénarios, notamment de BD. Il publiera en septembre chez Glénat, avec le dessinateur Alex Mach, This is London Calling, un album sur la Seconde Guerre mondiale, une période de l’Histoire qui «l’inspire beaucoup».

Lakota,
de Caryl Férey.

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