Les États-Unis n’ont pas des stades de foot au sens «soccer» du terme. Et cela s’est énormément ressenti dans les préparatifs.
L’instance mondiale voulait au départ des terrains de 80 mètres de large mais aucun des stades ne pouvait les atteindre, selon Otto Benedict, vice-président opérationnel de la société qui gère le stade, inauguré en 2020. Selon les médias locaux, le terrain du SoFi fait ainsi 105 m sur 68 m, comme tous les stades aux États-Unis pour la Coupe du monde.
«Je pense qu’ils ont eu une excellente collaboration avec nous et les stades de NFL pour dire : « Jusqu’où peut-on aller? »», ajoute Otto Benedict.
Le SoFi Stadium a ainsi enlevé deux rangées supplémentaires de sièges à deux des angles pour créer davantage d’espace. «Ils voulaient avoir au moins trois mètres, et nous avons réussi à atteindre cinq mètres… Ceux qui seront assis dans un coin auront une place incroyable», au plus près du terrain, souligne le responsable.
Une pelouse d’hiver sous la canicule
L’autre défi a été de remplacer les pelouses synthétiques par des pelouses naturelles ou hybrides résistantes à la chaleur et l’humidité ou au contraire à la fraîcheur des stades climatisés.
À Houston, au NRG Stadium, les systèmes d’irrigation en sous-sol installés lors de la construction ont été réactivés. Le comité organisateur a fait venir des Pays-Bas un conditionneur minéral haute performance destiné à favoriser la croissance de la pelouse.
De plus, le stade étant climatisé, son toit restera fermé pour protéger les fans et les joueurs de la canicule (environ 40 °C) attendue en été.
«C’est une pelouse de climat froid qui est envoyée de Denver», dans le Colorado, précise Hussain Naqi, directeur général du NRG Park, le complexe dans lequel se trouve le stade qui accueillera cinq matches.
Au AT&T Stadium d’Arlington, près de Dallas, également climatisé et plus grand de la compétition (94 000 places), une lumière violette stimule la croissance de la pelouse récemment installée. Ce sont 18 longs bras métalliques munis d’ampoules et reliés à la structure supérieure du stade. Le directeur général du stade, Tod Martin, a visité les stades de Wembley et de Tottenham, à Londres, qui disposent de systèmes similaires. Ce système «fournit toute la lumière pour que le gazon pousse et se développe de manière optimale», précise-t-il. Le stade de Dallas accueillera neuf matches dont une demi-finale le 14 juillet.
Un million de dollars pour couvrir un logo
À Miami, les choses ont été plus simples. Le Hard Rock Stadium (65 000 places) dispose déjà d’une pelouse hybride et le terrain des Dolphins est assez grand pour le football. Le stade accueillera sept rencontres, dont celle pour la troisième place.
Les stades ont également dû retirer toute la signalisation comportant les noms des parraineurs traditionnels qui seront remplacés par ceux de la FIFA pendant le Mondial, du nom du stade dans certains cas jusque dans les bars et restaurants. «C’est une tâche vraiment monumentale. Partout où vous regardez, vous tombez soudain sur un nouveau nom ou sur quelque chose qui doit être recouvert», explique Otto Benedict, du SoFi Stadium de LA.
À Houston, les opérations pour masquer le logo géant «NRG» situé au bord du toit ont coûté… un million de dollars, selon la presse locale.
Seul Atlanta a pu garder son nom de «Mercedes Benz Stadium». Les responsables ont en effet estimé qu’enlever ou recouvrir l’immense logo du constructeur allemand endommagerait le toit rétractable du stade.