[Ligue des champions] Battu 2-1 à Madrid en quart de finale aller, le Real doit renverser le Bayern ce mercredi pour éviter une élimination et une saison blanche synonymes d’échec de son projet sportif.
Ce n’est plus seulement un «spectre» qui plane sur Madrid, mais une menace, bien réelle : celle d’une deuxième saison de suite sans titre majeur pour le Real, battu 2-1 chez lui en quart de finale aller de la Ligue des champions par le Bayern. Sans rebond à Munich, ce qui reste encore dans les cordes du Roi d’Europe, spécialiste des renversements de situation épiques dans «sa» compétition, aucun trophée ne viendra compléter l’impressionnante collection exposée dans son musée.
Pas de Liga, sauf craquage total du FC Barcelone, leader avec neuf points d’avance à sept journées de la fin de la saison, ni de Coupe du Roi, après une élimination honteuse dès les huitièmes de finale par Albacete, équipe de deuxième division. Pas même de Supercoupe d’Espagne, perdue face au rival catalan, ce qui avait précipité le départ de Xabi Alonso, début janvier.
Florentino Pérez menacé en cas d’élimination?
Il ne reste aux supporters madrilènes que leurs yeux pour pleurer et la C1 pour continuer à rêver (un peu). Même s’ils n’étaient pas nombreux à vraiment y croire, vendredi dernier après le match nul (1-1) concédé au stade Santiago-Bernabéu contre Gérone, que Kylian Mbappé a terminé le visage en sang après un coup de coude d’un défenseur.
On ne sait pas, à vrai dire, qui jouera le plus gros, mercredi à Munich, entre l’attaquant français, encore condamné à jouer les sauveurs, son compère brésilien Vinicius Junior, qui n’a brillé que lorsque Mbappé était blessé au genou et n’a toujours pas prolongé son contrat expirant en 2027, ou bien l’entraîneur madrilène Alvaro Arbeloa, dont le destin semble d’ores et déjà scellé. À moins que ce ne soit, en fait, l’intouchable président merengue Florentino Pérez?
Réélu l’an dernier jusqu’en 2029, l’homme d’affaires de 79 ans avait misé gros sur Mbappé, venu réaliser «son rêve» en 2024 après plus sept ans de convoitises, pour mener le Real vers une nouvelle ère de domination. Près de deux ans plus tard, la Maison Blanche est pourtant dos au mur, avec une équipe irrégulière et sans certitudes collectives. Une armada de stars qui semble plus avoir été assemblée pour vendre des billets et des maillots que pour bâtir un collectif à la hauteur de ses ambitions.
Le résultat et la physionomie du match aller à Madrid ont toutefois donné quelques motifs d’espoir, le Real prouvant qu’il restait un danger permanent avec Vinicius Junior et Mbappé. Si le Bayern a quitté la pelouse de Bernabéu en vainqueur pour la première fois depuis mai 2001, il le doit en grande partie à son gardien de but Manuel Neuer, toujours parmi les meilleurs du monde à son poste à désormais 40 ans.
Les statistiques sont en faveur du Bayern
Reste que dans sa longue histoire avec la compétition reine, le Real n’est jamais parvenu à se qualifier pour le tour suivant après un revers à domicile à l’aller (cinq éliminations). De son côté, le Bayern n’a été éliminé qu’une seule fois (sur 31) après avoir remporté l’aller à l’extérieur (contre l’Inter en 8e de finale de la Ligue des champions en 2011, battu 3-2 après un succès 1-0 à Milan).
Une élimination, mercredi, et l’affront que représenterait une deuxième saison sans titre majeur, pour la première fois depuis 2005/2006, viendrait sanctionner définitivement ce nouveau pari. À l’époque, cela avait poussé Pérez à démissionner, en assumant l’échec de son projet des «Galactiques». «Nous avons une équipe avec de grands joueurs, mais certains pensent que leur place sur le terrain est garantie et qu’ils sont les meilleurs. Ils se trompent», déclarait-il alors.
Difficile, aujourd’hui, de ne pas y voir un certain parallèle : le Real Madrid est, d’assez loin, le club qui génère le plus de revenus en Europe, mais sur le terrain, il ne gagne plus. Et Mbappé, venu en Espagne pour assouvir sa soif de gloire et remporter enfin une première Ligue des champions et un premier Ballon d’or, se retrouve pointé du doigt comme le principal responsable, alors qu’il est peut-être – avant tout – victime du manque de planification de ses dirigeants.
Quarts de finale retour
Mardi
Liverpool – Paris SG (0-2)
Atlético Madrid – FC Barcelone (2-0)
Mercredi
21 h : Arsenal – Sporting CP (1-0)
Bayern Munich – Real Madrid (2-1)