C’est du jamais vu. Les CFL ont présenté ce lundi matin leur rapport annuel pour l’année 2025, avec des chiffres record. Même si la ponctualité reste le gros point noir.
«Nous n’avons jamais connu de tels résultats.» Au moment de dresser le bilan de l’exercice 2025, Marc Wengler ne cache pas sa satisfaction. Pour la cinquième année consécutive, le groupe CFL franchit la barre du milliard d’euros de chiffre d’affaires et poursuit sa croissance, malgré un contexte économique parfois incertain.
Le trafic voyageurs continue de progresser. L’an dernier, plus de 31,4 millions de passagers ont ainsi emprunté le train au Luxembourg, soit un nouveau record. C’est simple : sur les vingt dernières années, la fréquentation du réseau a bondi de 122 %.
Cette croissance ralentit toutefois légèrement. Entre 2024 et 2025, le nombre de voyageurs n’a augmenté que de 0,6 %. Un signe que certaines lignes arrivent progressivement à saturation? «Nous ne pouvons plus ajouter davantage de trains sur le réseau», reconnaît le directeur général des CFL. La priorité est désormais ailleurs : augmenter les capacités du réseau pour absorber la demande croissante. «C’est une urgence désormais.»
Sans surprise, la ligne Luxembourg-Esch-Rodange reste la plus fréquentée du pays avec 9,77 millions de voyageurs enregistrés en 2025. Les dessertes vers le nord ainsi que les lignes transfrontalières continuent également de gagner du terrain.
La liaison Luxembourg-Metz a ainsi accueilli plus de 6 millions de voyageurs l’an dernier, en hausse de 2,56 %. Une progression qui confirme l’importance croissante des flux transfrontaliers dans le fonctionnement du réseau luxembourgeois.
Alors, pour répondre à cette demande toujours plus croissante, les CFL multiplient les mesures. Un train à très grande capacité a notamment été déployé sur la ligne lorraine, tandis qu’une liaison directe entre Luxembourg et Libramont est venue étoffer l’offre vers la Belgique.
Un point noir : la ponctualité
Du monde qui ne demande qu’une seule chose : des trains à l’heure. Et c’est là le seul point noir évoqué lors de la conférence de presse annuelle des CFL… La ponctualité. C’est le thème le plus abordé dans les réclamations des clients pour l’année 2025, avec 89,6 % des trains affichant un retard inférieur à 6 minutes, au lieu de 90,8 % en 2024.
Une baisse qui s’expliquerait, selon Marc Wengler, par les «grèves dans les pays voisins», mais aussi par les nombreux travaux, notamment à Howald.
Le directeur général assure néanmoins que la tendance s’est inversée depuis le début de l’année. La ponctualité atteindrait déjà 91,4 % au premier semestre 2026.
Près d’un demi-milliard d’euros investis
Pour préparer l’avenir, les CFL poursuivent donc un programme d’investissements sans précédent. En 2025, 158,4 millions d’euros ont été consacrés au matériel roulant et aux infrastructures. À cela s’ajoutent 327,1 millions d’euros injectés via le Fonds du rail, soit près d’un demi-milliard d’euros investis dans le ferroviaire luxembourgeois.
Deux fois plus qu’il y a dix ans. Le Luxembourg est ainsi devenu «le plus grand investisseur en ce qui concerne le rail», surpassant la Suisse.
Une part importante de ces dépenses concerne l’acquisition des nouvelles automotrices Coradia d’Alstom. Dix rames ont été mises en service en 2025 et vingt-deux circulent déjà sur le réseau en juin 2026. En parallèle, les CFL poursuivent la modernisation de leur flotte TER2N-ng et ont lancé un appel à candidatures pour acquérir de nouvelles séries.
Construire le réseau de demain
L’année a également été marquée par une activité intense sur les infrastructures. Plus de 270 jours de travaux ont été nécessaires pour entretenir, moderniser ou développer le réseau. Parmi les projets majeurs figurent les aménagements de la gare de Luxembourg, le doublement de la voie vers Sandweiler ou encore les travaux sur le viaduc de la ligne du Nord.
L’un des chantiers les plus attendus concerne Howald. Le nouvel arrêt, qui sera inauguré à l’automne, doit permettre de séparer les flux en provenance d’Esch-sur-Alzette et de Thionville.
«C’est un jalon très important», insiste Marc Wengler. Deux nouveaux quais et quatre voies supplémentaires doivent en effet permettre à la gare centrale d’exploiter les différentes lignes de manière plus indépendante. Des aménagements similaires sont prévus à moyen terme du côté de Pétange.
Car derrière les résultats record de 2025, le véritable défi des CFL se dessine déjà. Dans un pays où le train n’a jamais transporté autant de voyageurs, l’enjeu n’est plus seulement d’attirer de nouveaux passagers, mais de leur offrir suffisamment de place. Une bataille qui se jouera moins dans les gares que sur les chantiers.
Les CFL figurent toujours dans le top 3 des employeurs les plus attractifs du pays. En 2025, la société ferroviaire a ainsi recruté 466 personnes, pour un total de 5 345 collaborateurs fin 2025, contre 5 199 un an plus tôt.