[Mondial-2026] La France n’a pas réussi à fêter dignement la dernière de Didier Deschamps, les Bleus ayant été sévèrement battus samedi par l’Angleterre 6-4 dans une « petite finale » complètement folle, marquée par le doublé de Kylian Mbappé, seul détenteur du record de buts en Coupe du monde.
Le technicien se souviendra longtemps de ses adieux, si mouvementés, sur la pelouse du Hard Rock Stadium, où pas moins de 10 buts ont été inscrits dans une partie à l’incroyable scénario. Deschamps, qui espérait clore sur une belle note ses 14 années fastes en tant que sélectionneur, est passé par toutes les émotions, en étant très proche d’une humiliation à la suite d’une première période cauchemardesque avant le réveil tardif et finalement inutile de ses joueurs, impulsé par le capitaine Mbappé.
Un sursaut vain après le repos
Les Tricolores, qui n’avaient visiblement pas du tout digéré leur sortie en demi-finale contre l’Espagne (2-0), mardi, ont subi la foudre des Anglais en début de rencontre en encaissant quatre buts par Declan Rice (3e), Ezri Konsa (18e) et Bukayo Saka (37e, 45e +1), qui ont transpercé une défense apathique et dépassée.
L’arrière-garde française a pris l’eau de toutes parts, obligeant Deschamps à effectuer pas moins de quatre changements à la mi-temps. Les entrées des attaquants Ousmane Dembélé et Bradley Barcola ainsi que des défenseurs Dayot Upamecano et Lucas Digne ont soudainement reboosté les Bleus, qui ont réduit le score par Mbappé (48e, 66e) et Barcola (54e), rendant la fin de partie assez irréelle.
Ce sursaut aura été finalement vain et les Français ne sont pas parvenus à offrir un dénouement digne de ce nom à leur patron, Saka réussissant le triplé sur penalty (5-3, 87e) avant un but de Jude Bellingham dans les arrêts de jeu (6-4, 90e+8) qui est venu doucher les derniers espoirs de la France juste après une banderille posée par Ousmane Dembélé, sa 6e réalisation dans la compétition (90e+6).
Mbappé quitte le tournoi la tête haute
Si l’issue est très triste pour Deschamps, les attaquants, perdus contre la Roja en demi-finale, ont au moins retrouvé, l’espace de 45 minutes, ce jeu spectaculaire qui avait enchanté la planète en début de tournoi. À défaut de s’offrir un deuxième titre mondial après celui de 2018, Mbappé quitte lui la compétition la tête haute. Avec 22 réalisations en trois phases finales, il est maintenant le seul détenteur du record de buts en Coupe du monde et caracole en tête du classement des buteurs de l’édition 2026 (10).
De quoi mettre une belle pression sur son rival direct, Lionel Messi, qui aura toutefois tout le loisir de répondre au Français en finale face à l’Espagne, dimanche à East Rutherford (New Jersey). Le capitaine aura été exemplaire jusqu’au bout aux États-Unis et fidèle à son statut. Déjà lauréat du Soulier d’Or en 2022 au Qatar, l’attaquant du Real Madrid est bien parti pour se succéder à lui-même, à moins d’un exploit retentissant de l’astre albiceleste en finale.
Deschamps ne peut pas en dire autant des autres Bleus qui ont semblé longtemps absolument pas concernés par le match. Mais comment en vouloir à des joueurs meurtris par leur défaite en demi-finale et obligés en retour de se battre pour une anecdotique médaille de bronze? Pour les Anglais et leur sélectionneur allemand Thomas Tuchel, sous le feu de très fortes critiques après la défaite mercredi face à l’Argentine (2-1), le résultat est en revanche une petite consolation et sera peut-être de nature à faire taire les débats.
Sifflé par les supporters anglais avant la rencontre, Thomas Tuchel a dit espérer que « les joueurs pourront être fiers un jour » de leur 3e place au Mondial-2026. « Ce match va certainement nous aider, même si l’on ne peut jamais se satisfaire complétement d’une médaille de bronze », a déclaré le sélectionneur allemand des Three Lions. « C’est la première médaille depuis 60 ans, la première lors d’une Coupe du monde ailleurs qu’en Angleterre, et j’espère que les joueurs pourront en être fiers un jour. »
Lui-même a eu du mal à atténuer l’énorme déception de l’élimination anglaise en demi-finale alors que l’Angleterre menait 1-0 face à l’Argentine jusqu’à la 85e minute, avant d’encaisser deux buts. « Nous visions le rêve le plus ambitieux qui soit, nous avions l’ambition immense d’atteindre la finale de la Coupe du monde. Alors, quand on échoue, c’est très, très douloureux, et cette douleur va perdurer un certain temps », a-t-il concédé.
Sous le feu des critiques après la demi-finale et pour ses prises de position très fermes, l’ancien entraineur du Paris-SG, a refusé de transiger avec ses principes. « Nous avons bâti quelque chose de très spécial au cours des sept dernières semaines, et nous ne transigerons jamais là-dessus, mais je maintiens mes propos : nous devons proposer un meilleur football, mieux gérer les rencontres sous pression et prendre de meilleures décisions dans ces moments-là », a-t-il assuré.