GP DU BRÉSIL La tension monte chez Ferrari après l’incident au GP du Mexique entre Lewis Hamilton, accusé de se comporter comme «Al Capone», et un Charles Leclerc très agressif en piste, leur directeur Fred Vasseur semblant impuissant face à cette lutte d’ego.
Après avoir réclamé sur le moment à la radio de sa monoplace une sanction contre Leclerc, qui a joué selon lui «à quitte ou double», Hamilton s’est dit jeudi à Sao Paulo «évidemment agacé» par ce nouvel incident avec son coéquipier.
Lançant qu’il se «fich(ait) vraiment de ce que les gens pensent de (ses) commentaires à cœur ouvert», le Britannique a même accusé le Monégasque d’être plus agressif avec ses propres coéquipiers chez Ferrari qu’il ne le serait contre leurs concurrents.
«Je vois la même chose que vous (…) Si l’on regarde ses coéquipiers, c’était pareil avec Sebastian (Vettel) et avec Carlos (Sainz)», d’anciens pilotes Ferrari, a-t-il affirmé.
Hamilton est d’autant plus remonté contre Leclerc que celui-ci avait déjà ruiné son début de course en septembre à Monza, où il l’avait tassé dans les graviers dans la première chicane.
Le Monégasque de 29 ans avait reconnu une erreur et les deux pilotes s’étaient déjà sérieusement expliqués.
«Après avoir revu la séquence, nous avons discuté avec Lewis. Je sais bien sûr que je suis allé trop loin dans le virage n° 2 et je l’ai dit à Lewis. Je pense que ce que nous devons faire ou éviter à l’avenir est très clair», avait-il poursuivi.
Des mots qui n’ont toutefois pas été suivis d’effets à Mexico et un nouvel échange de points de vue sera donc nécessaire rapidement entre les deux coéquipiers : Hamilton a en effet exigé une véritable «discussion» autour de «gros problèmes» au sein de la Scuderia, notamment sur les règles en cas de duel en course.
Une explication qui doit conduire «en temps voulu, à notre retour en Europe», selon Hamilton, leur directeur Frédéric Vasseur, rarement épargné par la presse sportive italienne.
L’ingénieur français, arrivé à Maranello en 2023, a semblé ces jours-ci désarmé face à cette guerre d’ego entre ses pilotes, même s’il a paru désavouer Leclerc pour l’incident au Mexique, qu’il aura «du mal à digérer.»
Il a réclamé «du respect» pour les «2 000 personnes qui travaillent» sur les F1 rouges et doit s’exprimer vendredi à Sao Paulo.
Leclerc, exempté de points presse
Charles Leclerc a de son côté pris quelque distance avec les événements : il est repassé par l’Europe après le Grand Prix du Mexique pour être aux côtés de sa femme Alexandra, qui a donné naissance à une petite fille, Bianca, mardi.
Exempté de ses obligations avec la presse jeudi à São Paulo, il n’est pas encore revenu sur le sujet, mais il sera toutefois bien en piste à partir de vendredi.
L’ancien pilote Ralf Schumacher, consultant chez Sky Sports Allemagne, a lui dénoncé la colère d’Hamilton : «On n’exige pas une pénalité à la radio contre son coéquipier!»
«Parler comme Al Capone et menacer en disant : « On a de gros problèmes », c’est comme si le chien dictait sa loi à son maître», a-t-il fustigé.
De vives tensions internes qui font notamment le jeu de Mercedes, quasiment assurée de remporter le titre constructeurs, peut-être même dès dimanche, avec déjà 126 points d’avance sur Ferrari.