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Sanctions contre Israël : l’UE fait fi d’un mandat populaire fort


David Wagner (à d.) entouré de Taman Abusalama (à g.), Lucas Faletic et Maysan Qasem. (Photo : fabrizio pizzolante)

Les Vingt-Sept n’ont toujours pas trouvé d’accord sur de nouvelles sanctions contre Israël. L’Alliance de la gauche européenne, soutenue par plus d’un million de personnes, fulmine.

Au moment de se présenter face à la presse, en début d’après-midi, l’espoir était encore présent parmi les militants d’un collectif réuni ce mardi à Luxembourg.

Déi Lénk a reçu ce mardi les personnes à l’origine de l’initiative citoyenne européenne (ICE) revendiquant la suspension de l’accord d’association entre l’ et Israël. En à peine trois mois, cette pétition a récolté un million de signatures, seuil qui oblige la Commission à prendre position.

«Les ministres des Affaires étrangères se sont vu attribuer un mandat démocratique clair pour agir. C’est une responsabilité historique qui leur incombe. Ils ne vont pas pouvoir se cacher derrière leur petit doigt», martèle Lucas Faletic, le secrétaire général de l’Alliance de la gauche européenne.

L’appel lancé depuis le Luxembourg aux Vingt-Sept, réunis au centre de conférences du Kirchberg, est toutefois resté lettre morte. L’Espagne et l’Irlande, notamment, ont réclamé la suspension totale de l’accord d’association. Mais des pays comme l’Allemagne et l’Italie s’y sont opposés.

L’attitude des Européens s’était pourtant durcie après la guerre dans la bande de Gaza, les dernières offensives israéliennes au Liban et le vote d’une loi instituant la peine de mort ne visant que les Palestiniens, il y a trois semaines. Mais pas au point de changer la donne autour de la table du Conseil des ministres de l’UE.

En vigueur depuis 2000, cet accord d’association facilite les échanges commerciaux entre l’UE et Israël. L’article 2 du texte souligne que les relations reposent sur «le respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques».

Une condition qui serait clairement violée selon les militants de l’Alliance de gauche, rejoints donc par déi Lénk, mais aussi par le collectif BDS Luxembourg (Boycott, Désinvestissement, Sanctions).

«Il n’existe pas de volonté politique d’agir. Les cessez-le-feu n’apporteront pas de justice : ils ne font qu’encourager un cycle d’impunité et de violence d’Israël envers la Palestine.

Pourtant, les crimes sont documentés par des centaines d’organisations de défense des droits humains », s’indigne Tamam Abusalama, l’une des initiatrices de l’ICE.

L’inaction face à un «génocide»

Le député David Wagner fustige plus particulièrement l’absence d’action du gouvernement luxembourgeois en la matière. «Ni le Premier ministre ni le ministre des Affaires étrangères n’ont le courage de suspendre l’accord d’association. Ils n’envisagent pas de sanctions alors qu’on parle de génocide à Gaza et d’une occupation illégale de la Cisjordanie», lance l’élu de déi Lénk.

Il faudrait désormais ajouter la guerre au Liban, où un cinquième de la population a été déplacée. «La guerre, les massacres, le génocide et l’occupation ne vont pas cesser sans qu’Israël ne soit mis sous pression», renchérit-il.

L’Union européenne est le premier partenaire commercial de l’État d’Israël.

David Wagner a aussi remis une couche pour réclamer des sanctions de la part du Grand-Duché au niveau national. Un récent avis de la Cellule scientifique de la Chambre confirmerait que des leviers pour agir existent.

Dans ce contexte revient toujours sur la table la revendication d’un retrait de l’autorisation de vendre via la place financière du Luxembourg des obligations d’État israéliennes.

La Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) et le gouvernement refusent d’agir. Le Comité pour une paix juste au Proche-Orient (CPJPO) et le collectif BDS continuent de mobiliser pour forcer les autorités à agir. Des analystes financiers et juridiques auraient confirmé que les conditions pour retirer l’autorisation sont remplies.

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