Plusieurs mois après une abstention controversée à l’ONU sur une résolution relative à l’esclavage, Xavier Bettel campe sur ses positions et invoque à nouveau des arguments juridiques pour justifier le choix du Luxembourg.
Quelques mois après son abstention remarquée lors du vote d’une résolution des Nations unies sur l’esclavage et la traite transatlantique des esclaves africains, le gouvernement luxembourgeois maintient sa position.
En réponse à des questions parlementaires des députés socialistes Yves Cruchten et Franz Fayot, le ministre des Affaires étrangères, Xavier Bettel, détaille ainsi les arguments juridiques qui ont conduit le Grand-Duché à ne pas soutenir le texte.
Dans sa réponse, Xavier Bettel rappelle encore une fois que le Luxembourg «attache une grande importance à la reconnaissance et à l’examen approfondi de l’histoire de la traite transatlantique des esclaves africains et de l’esclavage, y compris de leurs causes, de leurs conséquences ainsi que de leurs répercussions à long terme».
Le gouvernement affirme également rester engagé, aux côtés de l’Union européenne, pour promouvoir «la réflexion, le dialogue et la coopération sur ces questions dans les enceintes internationales pertinentes».
Alignés sur l’Union européenne
Concernant l’abstention luxembourgeoise à l’ONU, le gouvernement rappelle qu’elle s’inscrivait dans une démarche commune de l’ensemble des États membres de l’Union européenne.
«Lors du vote de la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies relative à la traite des esclaves et à l’esclavage, le Luxembourg, à l’instar de l’ensemble des autres États membres de l’Union européenne, a choisi de s’abstenir», rappelle le ministre démocrate.
Cette position, insiste-t-il, «ne remet nullement en cause la condamnation de l’esclavage et de la traite des esclaves», qualifiés de violations graves des droits humains et de la dignité humaine.
Le cœur du désaccord porte surtout sur certaines formulations retenues dans la résolution : le gouvernement explique ainsi que l’emploi de l’expression «les plus graves» pour qualifier l’esclavage et la traite transatlantique introduirait une hiérarchisation entre différents crimes contre l’humanité.
Selon Xavier Bettel, «une telle hiérarchisation ne trouve pas de fondement dans le droit international, y compris le Statut de Rome de la Cour pénale internationale».
Le Luxembourg affirme ainsi vouloir éviter «toute formulation susceptible d’établir une hiérarchie quant à leur gravité entre les crimes contre l’humanité (comme l’Holocauste ou le génocide au Rwanda)» et privilégier une terminologie conforme au droit international.