Deux frères vivant au Grand-Duché ont été arrêtés après la mort d’un homme devant une boîte de nuit en Italie. L’un d’entre eux joue en équipe nationale de rugby.
Dans la nuit du 8 au 9 août, une violente altercation a éclaté devant une discothèque de Sangineto, dans la province de Cosenza, en Calabre. Un homme, Antonio Perrotta, a été grièvement blessé au cours de la rixe et transporté à l’hôpital de Cetraro. Transféré au service de réanimation de Cosenza, il est décédé des suites de ses blessures quelques heures plus tard.
D’après le Corriere della Serra, deux suspects ont été arrêtés par la police italienne. Nés en 2002 et 2004, ils sont originaires de Calabre, mais résident actuellement au Grand-Duché, le plus jeune faisant partie de l’équipe luxembourgeoise de rugby. Les deux hommes passaient leurs vacances d’été dans la région.
Le même journal italien, tout comme La Gazzetta dello Sport, publie les noms des deux suspects. Domenico Orsino (22 ans) est bien membre du XV du Luxembourg. Il a joué le dernier match de l’équipe nationale en Finlande en mai dernier. C’était à l’occasion de la dernière journée de la phase de groupes dans la «division Conference».
La saison dernière, le rugbyman évoluait à Bourgoin-Jallieu en National (troisième division française). Il fait ainsi partie des joueurs de l’équipe nationale qui jouent au plus haut niveau en club.
Selon La Gazzetta dello Sport, son frère Umberto, âgé de 24 ans, travaille comme kinésithérapeute.
Interpellé alors qu’il venait d’acheter des billets d’avion pour quitter l’Italie vers le Luxembourg, le duo est soupçonné d’homicide aggravé par le parquet de Paola.
Placés en détention préventive
D’après les premiers éléments recueillis par la police, les deux frères seraient entrés sans billets dans la discothèque Il Castello. La rixe aurait éclaté quand un agent de sécurité est venu à leur rencontre. La bagarre s’est ensuite poursuivie à l’extérieur et Antonio Peretta aurait alors reçu plusieurs coups violents.
Selon l’agence de presse italienne Ansa, les enquêteurs ont trouvé des traces de sang sur les vêtements des suspects. Les mêmes vêtements correspondraient à ceux portés par les agresseurs le soir du drame.
La présence d’Antonio Perrotta (34 ans), père de quatre enfants et ouvrier de profession, durant la rixe n’a pas encore été complètement élucidée par la police. Certains de ses proches ont expliqué qu’en marge de son activité principale, il exerçait également comme agent de sécurité privé dans la vie nocturne afin de compléter ses revenus. Mais les propriétaires de la boîte de nuit ont démenti avoir fait appel à ses services.
Le Corriere della Serra souligne que les circonstances exactes du drame restent entourées de zones d’ombre. Les enquêteurs se seraient notamment appuyés sur les images des caméras de vidéosurveillance et les témoignages recueillis sur place pour y voir plus clair. Il reste ainsi à élucider si d’autres personnes ont participé à la rixe.
Les responsables de la discothèque affirment dans la presse italienne collaborer pleinement avec les enquêteurs. Selon eux, les images mises à disposition de la police ne montreraient aucun épisode violent à l’intérieur et sur le parvis de l’établissement.
L’enquête doit désormais éclaircir le déroulé des faits et les circonstances qui ont mené au drame. À ce stade, les deux frères, présumés innocents, se trouvent en détention préventive.
David Marques (avec J. N. et C. H.)
Lëtzebuerg Rugby, attristée, appelle «à ne pas spéculer»
Contactée notamment par nos confrères du Wort et de L’Essentiel, la fédération luxembourgeoise de rugby (Lëtzebuerg Rugby) affirme avoir «appris avec une profonde tristesse cet incident tragique». «Nos pensées accompagnent toutes les personnes touchées», ajoute-t-elle.
Lëtzebuerg Rugby confirme que parmi les suspects figure un joueur de l’équipe nationale, sans citer son nom. Ne disposant «à ce stade d’aucune information supplémentaire», la fédération lance un appel à la retenue. «Les circonstances exactes demeurent incertaines et font l’objet d’investigations en cours. Nous estimons donc qu’il est important de ne pas spéculer sur ce qui s’est produit ni sur le rôle qu’auraient pu jouer les différentes personnes impliquées dans cet incident», souligne la fédération.