La ministre de la Défense a annoncé aux députés que l’armée luxembourgeoise va prolonger sa participation à la mission d’assistance militaire de l’Union européenne en soutien à l’Ukraine tout en doublant son effectif.
De manière régulière, les députés des commissions de la Défense et des Affaires étrangères s’informent auprès de la ministre de la Défense sur la participation de l’armée luxembourgeoise aux missions de maintien de la paix et aux opérations de prévention ou de gestion de crise.
En février, à leur demande, Yuriko Backes avait fait le bilan de l’année 2025 au cours de laquelle 104 de nos soldats avaient été mobilisés à l’étranger, physiquement ou dans le cadre de missions exercées depuis notre sol. Mercredi, le dernier décompte pour 2026 est de 41 soldats occupés en dehors du territoire, alors que la mission conjointe du détachement Benelux «Air Surveillance» de la KFOR s’est achevée en avril.
Défendre les frontières européennes
Le plus gros contingent d’expatriés est en Roumanie, pour le compte des Forward Land Forces de l’OTAN. Trente et un Luxembourgeois sont actuellement en poste sur la base de Cincu, à 200 km de la frontière ukrainienne : un peloton de reconnaissance, un officier en système d’information et de communication, une équipe mobile SatCom et un volontaire dans l’équipe médicale.
L’an passé, ils avaient été au total 64 à intervenir sur la base roumaine, visitée par une délégation de la Chambre des députés en décembre. Avec une surface d’environ 100 km², en faisant la plus vaste installation militaire de Roumanie, Cincu accueille des militaires de cinq nationalités différentes qui s’y entraînent en permanence.
Tir d’infanterie et de chars de combat, combat démonté et mécanisé, génie de combat, l’artillerie, défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire, ou encore logistique opérationnelle sont au programme des Roumains, Français, Espagnols, Belges et donc Luxembourgeois qui ont pour objectif de «dissuader et être prêt à défendre» les frontières extérieures de l’Union européenne.

Trente et un soldats sont actuellement déployés sur la base roumaine de Cincu. (Photo : chd)
Augmentation des effectifs
Le front ukrainien, parfois relégué au second plan avec le conflit au Moyen-Orient, continue d’inquiéter l’État-major européen et le gouvernement. C’est pourquoi la ministre annonce étendre la participation de l’armée luxembourgeoise à une mission d’assistance militaire de l’Union européenne (EUMAM) en soutien à l’Ukraine pour deux années supplémentaires, soit jusqu’en 2028.
Et prévoit de doubler sa contribution en portant de cinq à dix le nombre de soldats engagés. Une opération qui va coûter un million d’euros, à ajouter au budget prévisionnel de 1,29 milliard d’euros alloué à la défense, pour prendre en charge les frais de transport, le soutien de vie en camp et l’indemnité spéciale versée aux soldats déployés en opex.
Concrètement, ce déploiement consiste à baser un militaire en permanence en Allemagne, tandis que les autres instructeurs sont déployés ponctuellement par rotation pour prendre part aux différents modules d’entraînement et de formation, pour la plupart en Allemagne ou en Pologne.
Ces soldats interviennent notamment au niveau des premiers secours et de la cyberdéfense, tandis qu’un troisième volet viendra compléter ce dispositif d’ici la fin de l’année, avec la mise en place de formations sur mesure des cadres militaires ukrainiens, selon le principe du «train the trainer». Ainsi, 92 000 Ukrainiens ont déjà été ainsi formés par leurs homologues européens depuis la mise en place de la mission en novembre 2022.
L’armée luxembourgeoise est également présente virtuellement au Mozambique, en fournissant une capacité satellitaire stratégique, et en Lituanie dans le groupement tactique multinational avancé de l’OTAN, où sept militaires fournissent leur apport en matière de transport de liaisons satellites. Le ministre de la Défense nationale lituanien avait d’ailleurs rencontré Yuriko Backes pour un échange de vues mardi.