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MSF Luxembourg dénonce l’échec de la crise migratoire


En Grèce, l'île de Kos est submergée par l'afflux de migrants qui doivent s'enregistrer et attendre dans des conditions indignes. (Photo : AP)

Médecins sans frontières (MSF) dénonce, dans un rapport, les conditions d’accueil déplorables des réfugiés en Europe.

L’organisation humanitaire, qui agit aux quatre coins du monde, a dû rapatrier une partie de ses activités en Europe en 2015 pour faire face à la crise des migrants, une première pour MSF qui a même affrété trois bateaux pour des opérations de sauvetage en Méditerranée, alors que «nous n’avons pas l’expertise, nous ne sommes pas habitués à intervenir en mer, ne serait-ce qu’au niveau légal», a expliqué de Bruxelles Aurélie Ponthieu, experte en migration chez MSF. L’organisation déplore que 2015 ait été une année de l’échec en matière de politique migratoire. Les demandeurs de protection internationale ont dû emprunter des parcours semés d’embûches, braver la mort sur des rafiots de fortune et être bien souvent victimes de violence : «Il y a encore quelques jours, près de 9 000 personnes ont passé la nuit sur le site d’une station-service à la frontière greco-macédonienne, il faisait -9 °C, il y avait des enfants et ils n’avaient rien. Après un an de crise, il n’y a toujours pas de solution pour un accueil digne», poursuit l’experte.

«Prendre conscience de la souffrance humaine»

«Que des gens cherchent de meilleures conditions de vie en Europe n’est pas nouveau. Au contraire, nous connaissons cette problématique depuis des années, relève Brice de le Vingne, directeur des opérations de MSF. «Mais la situation est devenue si dramatique en 2015 que nous n’avons pas pu faire autrement que d’intervenir. L’UE et ses États membres combinent politique de dissuasion et réponse chaotique à la crise humanitaire. Le résultat est que la situation pour des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants vulnérables s’est empirée. En 2016, l’UE doit prendre conscience de la souffrance humaine que sa politique entraîne, prendre ses responsabilités et apprendre de ses erreurs.»

Dans toute l’Europe, le rapport montre que la grande majorité des problèmes médicaux traités chez les réfugiés par MSF auraient pu être évités si ces derniers avaient pu voyager en sécurité et s’ils avaient bénéficié d’un accueil convenable. En Serbie, 80 % de ces pathologies étaient une conséquence directe du voyage éprouvant que les réfugiés étaient obligés d’effectuer.

Audrey Somnard

www.msf.lu

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