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«Une plaie béante à l’arrière de la tête»


Les avocats des parties civiles, proches et amis de Marie Reding. (Photo : L'Avenir)

ARLON La durée de l’agonie de la victime ne peut pas être déterminée en raison des 90 coups reçus par la victime âgée de 92 ans, dont 32 au niveau de la tête. Marie Reding a eu le crâne défoncé.

L’audience de la cour d’assises d’Arlon qui juge Vinciane Welvaert, accusée d’avoir commis un meurtre sur la personne de Marie Reding, 92 ans, à Martelange le 1er mars 2023, a repris ce mardi par l’audition du Dr Aurélien Partoune, médecin légiste.

Ce dernier a précisé que le décès de la victime était la conséquence de multiples traumatismes crâniens sévères provoqués par 90 coups. Pas moins de 32 lésions ont été relevées sur la tête de Marie Reding. «La victime portait une plaie de 17 cm sur 12 cm à l’arrière gauche du crâne. L’os du crâne est arraché. Le cerveau est mis à nu. Il y a eu au moins six lésions cérébrales distinctes.» 

Sur le reste du crâne, le légiste a relevé des plaies contuses au niveau du crâne, des joues, des yeux, des oreilles de la nonagénaire, pouvant être causées par un vase retrouvé brisé sur place. La victime porte aussi des ecchymoses au niveau du nez, des tempes, du menton. Et une fracture d’une vertèbre au bas de la nuque. Au niveau des membres supérieurs, le légiste a compté 60 à 70 lésions sur le corps de la victime.

À la question de savoir comment briser un os de crâne humain, la réponse du médecin est le déploiement d’une force située entre 2 000 et 3 000 neutrons. «C’est au minimum la force du marteau sur un clou. Dans ce cas-ci, les coups portés sont plus violents que ça. L’os du crâne mesure entre 4 et 8 mm d’épaisseur et peut se déformer», explique le légiste. 

Un vase et une béquille cassés ont été retrouvés sur les lieux du drame et ont pu servir à frapper la victime, y compris le bouchon en caoutchouc situé au pied de la béquille.

Vinciane Welvaert aurait-elle pu agir seule pour tuer Marie Reding? La réponse est positive. «Surtout avec une force découplée avec un outil.» L’infirmière porte des traces d’ecchymoses au niveau de ses mains, de ses bras, de ses membres inférieurs, dont une trace ronde au niveau du genou pouvant correspondre au pied en caoutchouc de la béquille. Et des coupures aux mains qu’elle explique par le fait d’avoir ramassé les morceaux de vase qui se trouvaient au sol. Elle explique ses autres ecchymoses par le fait d’être tombée dans l’escalier. Ce qui n’explique pas toutes les lésions relevées sur l’accusée.

Un mystérieux agresseur
L’infirmière à domicile nie avoir tué la nonagénaire retrouvée la tête en sang, dans la salle de bains à l’étage d’une maison dans laquelle elle vivait seule depuis le décès de son époux 14 ans plus tôt.

Mais rapidement, les soupçons se tournent vers Vinciane Welvaert. L’infirmière s’occupait de Marie Audrit-Reding depuis un mois environ. C’est son comportement face aux policiers qui aurait fait que les soupçons se sont portés sur elle au moment de la découverte des faits. Elle sera inculpée de meurtre et privée de liberté trois jours après les faits. Puis libérée sous bracelet électronique en juillet 2025, en attendant son procès.

Selon TVLux, Vinciane Welvaert est connue pour des faits ayant conduit à son internement en 2015. Au fil de ses auditions, l’infirmière aurait changé à plusieurs reprises de version et aurait notamment évoqué la présence d’un homme armé d’un couteau qui aurait réclamé de l’argent à la victime et l’aurait contrainte au silence sous la menace.

«Un jeune homme de maximum 30 ans, portant un masque et des gants bleus, un pantalon et un bonnet noir», détaille l’accusée. Elle explique ne pas avoir livré d’emblée cette version, alors qu’elle-même se voyait inculpée de meurtre, car elle avait «peur pour ses enfants». L’agresseur, selon Vinciane Welvaert, avait un couteau de «style chasseur» pour menacer la nonagénaire. «Il a demandé plusieurs fois à madame pourquoi elle n’avait pas les sous», poursuit l’accusée. «Il n’avait pas d’accent, on voyait bien qu’il était nerveux.»

Elle jette ses bottes et son tablier

Dans la relation des faits par l’accusée, l’agresseur inconnu aurait assommé Marie Reding avec un vase et une béquille. L’infirmière explique avoir voulu donner l’alerte via le système de télévigilance Samaritel de la victime alors que l’agresseur se trouvait toujours sur les lieux. L’inconnu, affirme-t-elle, l’a aussi menacée et elle n’aurait pas eu d’autre choix que de tenir la victime.

Toujours selon les explications de l’accusée, elle aurait réussi à fuir. Elle avait ensuite poursuivi sa journée de soins. Mais en abandonnant ses effets, dont ses bottes et son tablier, dans une poubelle. Elle a ensuite racheté une autre paire de bottes. «Je suis allée à l’aveuglette, à ce moment, on ne réfléchit pas comme si on était derrière un bureau», réagit l’accusée «Trois ans plus tard, on peut peut-être se dire que l’on n’aurait pas fait comme ça.»

Les investigations ont été menées et rien n’a jamais permis d’arriver à une piste concernant cet agresseur. Des tensions auraient existé entre les deux femmes au point que quelques jours avant le drame, Marie Reding aurait demandé à ne plus être prise en charge par Vinciane Welvaert.

Laurence Brasseur
(L’Avenir)

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