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Station-service braquée à Frisange : «Je voudrais garder le silence»


Depuis mardi, trois hommes comparaissent pour avoir participé au braquage d'une station-service à Frisange le 15 août 2017. (Photo : archives lq/Fabienne Armborst)

Après avoir balancé le nom des deux acolytes qui avaient participé au braquage d’une station-service à Frisange en août 2017, le chauffeur avait fait marche arrière. À la barre mercredi après-midi, le prévenu Yakoub T. a préféré se taire… Les deux autres prévenus nient toujours leur implication.

«Faire sept ans de prison et ensuite braquer une pauvre station-service à Frisange, cela n’a pas d’intérêt. À ma sortie de prison, je touchais des indemnités, suivais une formation…» Depuis son arrestation à Compiègne le 21 novembre 2017, Serge L. (32 ans), déjà condamné en France pour d’autres faits, clame son innocence. Mercredi à la barre de la 13e chambre criminelle il l’a répété : il n’a pas participé au braquage le 15 août 2017 au Grand-Duché. Braquage pour lequel le prévenu Yakoub T. (24 ans) les avait mis, lui et Hakim H. (22 ans), dans le bain.

«Des gants au mois d’août?»

Qu’il ait connu Yakoub T. en prison, le trentenaire ne le conteste pas. À sa sortie de prison, ils auraient gardé contact via les réseaux sociaux. Et effectivement ils s’étaient vus le 14 août à Compiègne. Accompagné d’un «pote avec une dent cassée», Yakoub T. serait venu lui rendre visite. Ils auraient fait une petite virée à Paris pour aller manger dans un «foyer proposant des spécialités africaines pour pas cher». À leur retour, Yakoub T. lui aurait demandé s’il avait des vêtements pour son «collègue en galère». Bref, il lui aurait passé chaussettes, jogging, t-shirts… et gants. «Des gants au mois d’août?, s’est étonnée la présidente.

– Ça a tilté quand il m’a demandé cela… mais tant qu’on ne vous propose pas de participer vous n’êtes pas dedans.»

Lors d’une écoute téléphonique, il était apparu que la copine de Serge L. était particulièrement bien informée de ce qui s’était passé à Frisange. Un fait sur lequel la chambre criminelle n’a pas manqué de l’interroger… Son explication : «J’avais fréquenté un bordel. Ça, ma copine fallait pas qu’elle le sache. Il a fallu que je trouve une parade. Je lui ai donc raconté avoir commis un casse!

– Et d’où tiriez-vous tous ces détails si vous n’aviez pas participé au braquage? a insisté la présidente.

– J’ai donné les détails que Yakoub m’avait rapportés. Le lendemain, il est revenu pour me dire que le casse avait mal tourné. Il me demandait si je pouvais le planquer. J’ai cherché à savoir ce s’était passé. C’est humain…»

«Tu peux dire à Yakoub qu’il est mort»

Pas très convaincue de toutes ses explications, la parquetière est intervenue : «Lorsqu’il vous demande des gants, vous vous doutez d’une embrouille. N’avez-vous pas pensé qu’on risquait de retrouver votre ADN sur les vêtements et que cela vous causerait des problèmes?» Serge L. :«Je n’ai pas pensé à ça.»

L’audition à la barre des deux autres prévenus aura été bien plus courte. «Je maintiens mes dépositions. Je n’ai rien à voir avec les faits!», a lâché sèchement Hakim H. Si on avait pu entendre sur une écoute qu’il avait «dû jeter» un pantalon de jogging de l’équipe nationale du Portugal – comme celui que l’un des braqueurs à Frisange portait – c’était «à cause d’une connerie deux jours avant en France». Il appuiera : «La police a saisi la voiture de Yakoub moins de 24 heures après les faits. Si j’avais été dans la voiture, il y aurait eu forcément mon ADN.»

Yakoub T. qui avait donné les noms des deux coprévenus a carrément refusé de parler : «Je suis désolé Madame, mais je voudrais garder le silence s’il vous plaît.»

S’il maintient avoir été le chauffeur lors du braquage, après quelques mois de détention préventive, il s’était rétracté concernant la participation de ses deux acolytes. Visiblement le jeune homme avait peur. Il avait fait savoir qu’il avait reçu des menaces de la part de Serge L. au sein du centre pénitentiaire. Ce dernier aurait engagé un intermédiaire avec le message : «Tu peux dire à Yakoub qu’il est mort.» Serge L. conteste. Cette affaire sera abordée plus précisément ce jeudi après-midi dans la suite des débats.

Fabienne Armborst

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