[Mondial-2026] Le stade a tremblé vendredi à Miami, mais l’Argentin de Lionel Messi, encore buteur, est finalement venu à bout, après prolongation (3-2) d’une équipe héroïque du Cap-Vert, pas passée loin de créer la plus grande surprise de l’histoire de la Coupe du monde.
L’Albiceleste affrontera l’Égypte de Mohamed Salah en 8ᵉ de finale mardi à Atlanta.
Une galaxie sépare l’Argentine, championne du monde en titre, du Cap-Vert, «Petit Poucet» de la phase à élimination directe qui découvrait la compétition. Aussi, ce 16e de finale ne pouvait connaître autre issue que la victoire du géant sur le papier.
Mais personne n’aurait imaginé le scénario fou qui s’est écrit sur la pelouse du Hard Rock Stadium, dans la moiteur floridienne parcourue de sueurs froides pour les supporters argentins qui avaient rempli l’enceinte.
Au bout d’une folle soirée comme seule la Coupe du monde sait en offrir, rien n’a été simple pour Messi et ses coéquipiers, poussés dans leurs retranchements par des adversaires qui leur étaient quasiment tous inconnus et dont ils sauront se rappeler, à l’image du gardien Vozinha, dernier rempart héroïque qui a repoussé l’échéance plus d’une fois.
Sensation de ce Mondial dès son entame, quand il a laissé l’Espagne de Lamine Yamal muette (0-0), avant de rester invaincu en phase de groupe (2-2 Uruguay, 0-0 Arabie saoudite), le Cap-Vert a cette fois poussé l’Argentin jusqu’à la prolongation.
Vozinha, héros triste
«Ça aurait été de la folie de perdre, mais c’est ça, le football», a soufflé le sélectionneur Lionel Scaloni, qui se souviendra de sa centième sur le banc, où il est passé par tous les états.
Pourtant, tout était parti tranquillement pour son équipe quand Messi a ouvert le score d’un enchaînement limpide contrôle, pointu pour battre Vozinha de près (29e). De quoi passer une bonne soirée pour son retour chez lui à Miami, où il est installé depuis trois ans.
Le génie argentin a réussi là son 7e but du tournoi (sur les onze argentins), portant à 20 son record en Coupe du monde et devenant le premier joueur de l’histoire à marquer lors de 8 matches consécutifs (à cheval sur deux éditions).
Mais l’Argentine s’est reposée bien trop longtemps sur ce mais d’avance et a laissé le Cap-Vert revenir.
Inoffensifs en première période sans aucune frappe, les hommes du coach « Bubista » ont égalisé grâce à Deroy Duarte, qui a trompé le gardien Emiliano Martínez malgré l’angle fermé (1-1, 59e).
C’est ensuite grâce à Vozinha, qui a stoppé dans ce match des frappes de Messi (17e, 19e, 63e, 72e, 90+5, 106e) dont plusieurs sur coups francs, que le Cap-Vert a poussé l’Argentin en prolongation, à la stupéfaction générale.
Messi aussi passeur
Et ce n’était pas fini ! Car d’une magnifique frappe enroulée de plus de 20 mètres, Sidny Lopes Cabral a surpris Martinez (2-2, 103e), jetant un nouveau coup de froid à Miami quelques minutes après le but de Lisandro Martinez (2-1, 92e), sur un corner de Messi.
Il a fallu que l’idole du peuple argentin distille un nouveau corner, pour qu’il se transforme en passe décisive sur la tête de Cristian Romero. Un mais finalement accordé au Cap-Verdien Diney Borges (3-2, 111e).
Il ne fallait pas croire que les Capverdiens lâcheraient. Courageux et héroïques, ils ont enchaîné les assauts, dont un coup franc (115e) dangereux de Cabral (116e) stoppé par Martinez.
Mais au bout de leurs forces, ils ont dû céder et voir les Argentins exulter de relâchement.
«Ce sont des matches coupés, personne ne te donne rien», a réagi Lionel Messi, le visage marqué et fatigué après plus de 120 minutes disputées. «c’est ce qui caractérise ce Mondial spécial : tout est très équilibré, très compliqué, tous les matchs vont être extrêmement difficiles.»
La belle aventure se termine donc au bout de cette folle soirée pour les Requins bleus, représentants de l’archipel africain d’environ 525 000 habitants. «Nous sommes tombés la tête haute», a lancé Vozinha.
«Nous honorons ce qu’est notre pays», a également déclaré le sélectionneur, car les siens avaient déjà réalisé l’exploit de terminer deuxièmes du groupe H derrière l’Espagne, éliminant l’Uruguay et l’Arabie saoudite. C’était d’ailleurs la première fois depuis 2010 qu’une nation débutante avait atteint la phase à élimination directe.
Le monde du foot s’en souviendra.