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Montres de luxe dérobées à Eich : l’heure des plaidoiries


Les débats se termineront ce mercredi après-midi avec le réquisitoire du parquet. (Photo : archives lq)

La participation de Redda B. au braquage avec séquestration et prise d’otage à Eich fin 2012 ne fait pas de doute. Mais ce n’est pas pour autant qu’il a agi au sein d’une structure organisé, a plaidé son avocat mardi matin.

«C’était de l’aplomb, de l’éloquence, de la persuasion…» L’affaire sur laquelle planche depuis trois semaines la 13e chambre criminelle est digne d’un film policier. En se présentant comme le «chef de sécurité» d’un jeune prince arabe, Redda B., en cavale en France, avait réussi à contacter fin 2012 un homme d’affaires au Luxembourg. Mais l’histoire de cette transaction de bijoux de luxe s’était terminée par un braquage avec séquestration et prise d’otage. Convoqués pour une vraie fausse vente, les bijoutiers avaient terminé ligotés dans la cave d’une fiduciaire située rue de Mühlenbach. Et le duo de braqueurs avait pris la fuite avec plus de 140 000 euros en liquide et de nombreuses montres de luxe.

À entendre les avocats de la défense, c’est uniquement l’argent qui aurait animé l’intention criminelle du duo. «La violence n’était pas une option prioritaire», avait plaidé, dès vendredi, Me Stroesser défendant Ali A. «Aucun mal ne devait être causé aux victimes. Les armes factices avaient comme seul objectif de faire impression. Tout misait sur la dissuasion», a renchéri Me Sébastien Lanoue mardi matin, au 8e jour du procès. À son tour, l’avocat qui défend le cerveau de cette opération, Redda B., a tenté de démonter la circonstance aggravante de l’association de malfaiteurs que le parquet reproche aux quatre prévenus : «Redda B. est une sorte de chef de bande qui a de l’aplomb dans la prise de parole. Mais il n’a pas procédé à un recrutement structuré. On est dans l’improvisation.» Ali A., son acolyte pour le braquage, il l’aurait ainsi rencontré en prison. Quant aux deux hommes poursuivis pour recel des objets volés, il s’agirait d’une question de circonstances lors d’une rencontre. Le bijoutier espagnol Daniel V., il l’aurait contacté dans le cadre de la réparation de deux montres… Mohamed F., il l’aurait recruté comme chauffeur étant donné qu’il conduisait bien.

«Mon client n’a pas l’âge de partir en cavale, de se faire une nouvelle carrière», insistera Me Lanoue, demandant aux juges de tenir compte de ses «aveux» à la barre.

Du côté des avocats de Daniel V., c’est avant tout la période des infractions que l’on conteste. Le bijoutier de Marbella n’aurait pas été informé en amont par Redda B. d’un quelconque projet de braquage au Luxembourg. Il n’aurait été dans le coup qu’au moment de la remise du butin. Dans sa plaidoirie, Me Guy Uerlings a également mis l’accent sur le jeune âge de son client – 26 ans – à l’époque.

«Près de 7 ans se sont écoulés»

Me Mioli, pour sa part, a invoqué le dépassement du délai raisonnable. Un élément que les juges devraient prendre en compte au moment de la détermination de la peine. «Cette affaire a débuté fin 2012, aujourd’hui on est fin 2019. Près de sept ans se sont écoulés.» «On vous demande du sursis pour le surplus de la détention préventive déjà effectuée», a conclu Me Uerlings. Rendez-vous cet après-midi pour le réquisitoire du parquet.

Fabienne Armborst

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