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[Tennis] Deux novices pour un premier sacre


À 19 ans, Mirra Andreeva est plutôt du genre prodige habituée à brûler les étapes et programmée pour atteindre les sommets. (Photo : afp)

La surprise Chwalinska, 114e joueuse mondiale passée des qualifications à la finale de Roland-Garros, sera opposée samedi à la prodige Andreeva, favorite à 19 ans pour remporter son premier tournoi du Grand Chelem.

L’affiche, aussi inattendue qu’imprévisible, boucle une quinzaine riche en surprises, mise sens dessus dessous par la canicule qui a accablé la porte d’Auteuil durant les premiers tours. Si la température a baissé en deuxième semaine, les bourrasques qui ont balayé le Central ont emporté la n° 1 mondiale Aryna Sabalenka et l’Ukrainienne Marta Kostyuk (15e), invaincue sur terre battue en 2026 jusqu’à sa défaite jeudi en demi-finale à Paris.

Dans des styles différents, tout en puissance pour Mirra Andreeva et davantage dans la variété pour la gauchère Maja Chwalinska, les deux finalistes ont fait étalage d’incontestables qualités physiques, mentales et tennistiques pour déjouer les attentes et se hisser en finale. La Polonaise de 24 ans, pour sa première apparition dans le tableau final de Roland-Garros, a réalisé un parcours jamais vu dans l’histoire du tournoi parisien dans l’ère Open débutée en 1968.

Inconnue il y a trois semaines, elle a survécu aux trois tours de qualifications avant d’enchaîner six victoires dans le tableau final. «Elle est fatiguée, c’est normal, mais elle se bat», l’a complimentée son entraîneur Jaroslav Machowsky. Une telle réussite était inenvisageable pour Chwalinska elle-même, pas certaine de savoir financer quelques nuits d’hôtels supplémentaires à Paris après sa victoire au troisième tour.

«Je suis dans une bulle. Je ne sais pas ce qu’il se passe», a-t-elle répété jeudi, après sa demi-finale remportée en 2h10 contre la Russe Diana Shnaider (23e), qui lui a valu les félicitations du Premier ministre polonais, Donald Tusk. «Après le tournoi, j’aurai le temps de digérer (son parcours), d’expirer, d’inspirer», a lancé celle qui a failli renoncer au tennis durant une dépression entre 2019 et 2021.

«Montrer du courage»

Depuis le début de l’ère Open, seule Emma Raducanu a réussi l’exploit de se hisser en finale en étant issue des qualifications, en 2021 à l’US Open. La Britannique s’était même imposée face à la Canadienne Leylah Fernandez, dans une finale opposant deux adolescentes de 18 ans. Andreeva est presque aussi jeune, mais présente des garanties bien plus solides.

À 19 ans, la Sibérienne est plutôt du genre prodige habituée à brûler les étapes et programmée pour atteindre les sommets. Demi-finaliste à Roland-Garros en 2024, elle a remporté en 2025 les WTA 1000 de Dubaï et d’Indian Wells pour s’installer durablement dans le top 10. Mais elle a aussi connu son lot de déceptions : l’an dernier porte d’Auteuil, elle avait complètement perdu pied en quarts de finale, sur un court Philippe-Chatrier entièrement acquis à la cause de son adversaire, la demi-finaliste surprise Loïs Boisson (361e à l’époque).

«Je grandis, je gagne un peu en maturité à chaque match que je joue, un peu plus d’expérience», a-t-elle expliqué. Gagner un tournoi majeur, «c’est l’objectif numéro un de ma vie, la chose la plus importante et mon plus grand rêve». Contre Kostyuk, la joueuse entraînée par Conchita Martinez (finaliste à Paris en 2000) ne s’est ainsi laissée décontenancer ni par la fermeture du toit à 6-1, 4-1 ni par le débreak de l’Ukrainienne, qui lui a permis de revenir à 4-3.

S’agissant de Chwalinska, qu’elle n’a encore jamais affrontée, «je ne sais pas vraiment comment elle joue», a concédé la Russe. Partenaire en double d’Andreeva, Shnaider lui conseille en priorité de garder son service et de «montrer du courage en montant au filet», a-t-elle déclaré. Le jeu de Chwalinska «correspond très bien à la terre battue. Son classement est sans importance», a-t-elle souligné.

La révélation du tournoi grimpera au moins jusqu’à la 21e place mondiale après Roland-Garros, mais un sacre pourrait l’immortaliser dans le palmarès d’un tournoi qui n’a sacré qu’une seule Polonaise, la quadruple lauréate et n° 3 mondiale Iga Swiatek. Un épilogue de moins en moins invraisemblable, au terme d’une quinzaine qui a défié la logique.

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