NEUFCHÂTEAU Il l’a violemment frappée avec un manche de brosse et l’a laissée pour morte, ensanglantée avant d’aller dormir. Il risque 4 ans de prison pour tentative de meurtre.
Elle a bien failli y rester. Régulièrement battue par son compagnon, cette maman vivant dans la région de Neufchâteau a subi, dans la nuit du 31 mars au 1er avril dernier, un nouvel accès de rage de la part de celui avec qui elle partageait sa vie. Complètement ivre, il s’est saisi d’un manche de brosse, a passé à tabac la maman, «en lui donnant des coups extrêmement violents au niveau du crâne», précise Pierre d’Huart, substitut du procureur du roi. Tout en la menaçant de mort, il l’a frappée jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. C’est à ce moment-là qu’il s’est arrêté, et qu’il est parti dormir dans la chambre… sans appeler les secours ou prodiguer de premiers soins.
La maman finira par reprendre connaissance et appeler la police. «Vous vous rendez compte que vous auriez pu comparaître devant un autre tribunal que celui-ci», tente de faire comprendre au prévenu, le juge Adrien Fourrez. En effet, pour le même prix, le trentenaire détenu préventivement à la prison de Marche depuis les faits, aurait bel et bien pu tuer sa compagne et aurait dû répondre de ses actes devant une cour d’assises.
Ce mardi matin, il comparaissait devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau. Pour la quatrième fois, il doit répondre de violence envers sa compagne. «Je suis en train d’essayer de travailler sur moi-même, sur la violence aussi», marmonne-t-il devant le tribunal. «Quand j’ai trop bu… Je ne comprends pas.»
Et le juge de le sermonner. «Vous avez déjà été condamné à une peine de travail, un sursis et à de la prison ferme. Et même la prison ferme cela ne fonctionne pas. Alors qu’est-ce qu’on fait? Ce n’est pas la première fois que vous avez de bonnes intentions.»
Depuis juin 2022 et les premiers faits de violence, le trentenaire a été condamné à trois reprises, sans que cela ne l’empêche de récidiver. Pierre d’Huart requiert 4 ans de prison ferme, au vu des antécédents du trentenaire. «Il l’a laissée pour morte, inanimée, ensanglantée», rappelle-t-il.
Très gentil, sans alcool
Me Émilie Déom, avocate du prévenu, plaide pour que les faits ne soient pas qualifiés de tentative de meurtre, mais de coups et blessures volontaires. «Je ne pense pas qu’une peine ferme de 4 ans va aider Monsieur dans quoi que ce soit, car cela veut dire qu’il n’aura pas de suivi», ajoute-t-elle. «Il a besoin de se faire soigner par rapport à sa consommation d’alcool. Monsieur a mis un terme à sa relation avec Madame. Il émet le souhait de se faire soigner et de suivre une cure importante.»
Elle sollicite un sursis probatoire. «C’est quelqu’un de très gentil, de très posé quand il n’a pas bu d’alcool. Quand il a bu, il est transformé», insiste-t-elle.
Le jugement sera prononcé le 4 août.
Lydie Picard
(L’Avenir)