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Pour les pompiers du CGDIS, une mission en Gironde qui «laisse des traces»


Entourés par Léon Gloden et des responsables du CGDIS, les 15 pompiers reviennent de Gironde marqués par les dégâts et la solidarité. (Photo : georges noesen)

Après une semaine de mission en Gironde, les 15 sapeurs-pompiers du CGDIS étaient de retour à la caserne de Dudelange ce mercredi, chaudement accueillis par leurs responsables et le ministre Léon Gloden.

La fierté se lit dans les yeux, certes fatigués, des 15 sapeurs-pompiers du CGDIS qui viennent de rentrer de Gironde et qui posent pour une photo aux côtés du ministre des Affaires intérieures, Léon Gloden, venu les accueillir au centre d’incendie et de secours (CIS) de Dudelange ce mercredi. Un petit comité de réception est organisé pour cette quinzaine d’hommes rentrés la veille, peu avant minuit, de la mission la plus marquante de leur carrière qui a débuté dans cette même caserne il y a une semaine, le 29 juillet.

Au nom du mécanisme de protection civile de l’Union européenne, les sapeurs-pompiers luxembourgeois ont été mobilisés afin de venir en aide à leurs homologues français confrontés à un feu de forêt d’une ampleur inédite, désormais fixé, qui s’était déclenché le 22 juillet.

Avant d’être intégré à une colonne de sapeurs-pompiers du Grand Est, le chef de la délégation luxembourgeoise, Jean-Luc Rind, ne se voyait pas forcément être mobilisé en Gironde, «car, normalement, la France gère ce genre de feu toute seule». «Mais quand j’ai entendu qu’ils faisaient appel à l’Union européenne, je me suis dit que tout était possible», raconte le chef du CIS Sanem-Differdange.

«Des kilomètres de noir et de cendres»

Le Grand-Duché a bel et bien été sollicité afin de constituer un détachement opérationnel franco-luxembourgeois dont la mission était de lutter contre les feux urbains. Après un long trajet, trois camions et deux voitures du CGDIS sont arrivés dans le village du Porge, l’une des localités les plus touchées, vers 7 h le vendredi 31 juillet.

Mikael Mergulhao, sergent-chef à Dudelange, a en tête les images de cette zone sinistrée : «En arrivant, on ne voit que des kilomètres et des kilomètres de noir et de cendres. Tout a brûlé, il n’y a plus d’arbres, des dizaines de maisons sont détruites et certaines tiennent miraculeusement debout.»

À l’instar de ses compatriotes, il découvre pour la première fois en 13 ans de carrière les dégâts d’un feu de forêt d’ampleur. «C’était très triste à voir, je me sentais comme en guerre», confie le pompier, qui continue de décrire l’ambiance : «Il y avait un champ rempli de camions de pompiers. Il n’y avait aucun habitant, à part ceux qui nous aidaient, donc les rues étaient vides et, sur la route, on ne voyait que des camions et fourgons de pompiers.» Jean-Luc Rind, lui, se souvient notamment de l’intensité de l’odeur de brûlé «qui était encore là quand nous sommes partis hier et qui va être présente encore longtemps».

Au premier jour de leur action sur place, le feu est contenu : «Il n’y a plus les grandes flammes que l’on voyait à la télé», mais les pompiers français luttent encore afin d’éviter toute reprise. À peine installés, les Luxembourgeois partent donc sur le terrain vers 10 h et y restent jusqu’à 20 h. «Après, nous avons pris notre dîner, un peu de repos et, le lendemain à 6 h, cela a recommencé.»

Échanges de badges avec les Français

Très vite, le chef de la délégation constate que «le feu urbain n’est pas la même chose pour nous et nos camarades français». «Nous pensions armer les casernes afin qu’eux puissent s’occuper du feu de forêt, mais ce n’était pas le cas», sourit-il. Les quinze sapeurs-pompiers interviennent donc, de jour comme de nuit, dans les bois, mais sur les chemins carrossables, tandis que les forces de secours françaises se chargent des opérations tout-terrain. «Au début, on se renifle un peu, car on ne se connaît pas, mais cela s’est très bien passé avec les Français», se félicite Jean-Luc Rind, qui rapporte que certains «étaient étonnés que l’on parle si bien le français».

Cette intervention en Gironde aura ainsi permis de placer le Grand-Duché sur la carte, selon Mikael Mergulhao : «Maintenant, ils savent où le Luxembourg se situe, c’est une belle pub de solidarité. Et si nous avions pu faire plus, nous l’aurions fait.» Outre les remerciements du président français, Emmanuel Macron, ou de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le sapeur-pompier de Dudelange gardera surtout comme souvenirs les badges échangés avec ses homologues européens. «Il y a eu tellement d’échanges que j’ai dû sortir ma caisse pour en donner», ajoute Jean-Luc Rind.

La délégation luxembourgeoise gardera également en mémoire l’accueil offert par les habitants du Porge, pourtant à cran : «Certains ont tout perdu, ils n’ont pas dormi, donc c’est normal qu’il y ait un peu de colère, mais ce n’était pas envers nous.» Le sergent-chef témoigne en effet de «la grande solidarité des locaux» : «Ils nous donnaient de l’eau et étaient là du petit-déjeuner au dîner et toujours avec le sourire.» Une telle mission, «cela laisse des traces, positives et négatives, mais cela laisse des traces, c’est sûr.»

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