L’Iran et les Etats-Unis poursuivent de laborieuses négociations indirectes pour mettre durablement fin à la guerre qui a éclaté fin février, dans le contexte du cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, fragilisé par de récents tirs de part et d’autre.
Depuis plusieurs jours, l’Iran fait état de discussions sur un protocole d’accord avec les Etats-Unis, évoquant des avancées. Jeudi, le vice-président américain JD Vance a indiqué que les deux parties avaient fait «beaucoup de progrès», précisant que son pays négociait «certaines formulations».
Outre le Pakistan, qui avait accueilli des discussions directes infructueuses en avril, le Qatar semble également à la manœuvre désormais dans la médiation.
Voici les derniers éléments concernant un éventuel accord :
Prolongation de la trêve et avoirs gelés
L’Iran a affirmé être en train de finaliser un protocole d’accord avec les Etats-Unis, donnant la priorité à la fin de la guerre «sur tous les fronts», y compris au Liban, où une guerre oppose son allié le Hezbollah à Israël.
A Washington, des sources ont fait état auprès de l’AFP d’un protocole d’accord qui prévoit une extension de 60 jours du cessez-le-feu en cours depuis le 8 avril entre l’Iran et les Etats-Unis.
Selon l’agence de presse Tasnim, Téhéran cherche à obtenir le déblocage d’environ 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés à l’étranger, dont une partie au Qatar.
Environ 12 milliards devraient être mis à disposition au moment de l’annonce du protocole d’accord, selon l’agence iranienne Isna.
Les avoirs iraniens gelés à l’étranger s’établiraient entre 100 et 123 milliards de dollars, selon des médias iraniens.
Détroit d’Ormuz
L’Iran maintient depuis le début de la guerre un contrôle strict sur le détroit d’Ormuz, voie maritime essentielle pour le transport mondial d’hydrocarbures, tandis que les Etats-Unis ont imposé ce que Téhéran décrit comme un blocus naval de ses ports et côtes depuis le 13 avril.
Selon le site américain Axios, le protocole d’accord soumis au président américain prévoit que l’accès au détroit soit «sans restriction» pendant les 60 jours d’extension de la trêve, ce qui implique notamment que l’Iran retire toutes les mines dans la zone.
Les Etats-Unis lèveraient de leur côté, selon la même source, leur blocus naval si le trafic commercial reprend. Téhéran serait aussi autorisé à vendre du pétrole grâce à une suspension des sanctions américaines.
Semblant ouvrir la porte à un compromis, l’Iran a parlé lundi de frais pour des «services de navigation», plutôt que de droits de passage, imposés aux navires transitant par le détroit.
Programme nucléaire
Selon Axios, ce protocole d’accord ne règle pas la question du programme nucléaire iranien – un point de friction majeur pour les Etats-Unis et Israël – mais ouvre la voie à des négociations plus poussées sur ce sujet.
L’Iran avait indiqué auparavant que les détails liés à son programme nucléaire seraient reportés à une phase ultérieure, après le protocole d’accord.
Les sujets du niveau d’enrichissement et du sort du stock d’uranium hautement enrichi de l’Iran seraient négociés pendant les 60 jours qui suivraient la signature du protocole d’accord, selon des médias iraniens.
Selon Tasnim, les sanctions américaines empêchant les exportations iraniennes de pétrole et produits pétrochimiques devraient aussi être levées durant ces 60 jours.
Le président américain Donald Trump a indiqué lundi qu’il s’attendait à ce que l’Iran remette son uranium enrichi aux Etats-Unis à des fins de destruction, ou que le pays le détruise sur son territoire sous supervision internationale.
Mais en Iran, le chef de la commission parlementaire sur la sécurité nationale, Ebrahim Azizi a exclu d’envoyer l’uranium enrichi dans un pays tiers.
Garanties
Parmi les principales exigences de Téhéran : obtenir des garanties que Washington respectera l’accord, après l’épisode précédent du retrait américain de l’accord nucléaire de 2015 durant le premier mandat de Donald Trump.
Selon la télévision iranienne, un accord définitif «devrait être entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité des Nations unies».